Vrai lieu

Qu’une place soit faite à celui qui approche,
Personnage ayant froid et privé de maison

Personnage tenté par le bruit d’une lampe,
Par le seuil éclairé d’une seule maison.

Et s’il reste recru d’angoisse et de fatigue,
Qu’on redise pour lui les mots de guérison.

Que faut-il à ce cœur qui n’était que silence,
Sinon des mots qui soient le signe et l’oraison,

Et comme un peu de feu soudain la nuit,
Et la table entrevue d’une pauvre maison ?

Yves BONNEFOY,
« Vrai lieu », Du Mouvement et de l’immobilité de Douve, 1953.

Poème dit par Jeanne Guillon

 

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