Gilles Barraqué, Une Histoire à toutes les sauces, Éditions Nathan, janvier 2014 À partir de 10 ans
Gilles Barraqué,
Une Histoire à toutes les sauces,
Éditions Nathan, janvier 2014
À partir de 10 ans

Prenez un chat. Un Birman, un Angora, un Chartreux, un Européen (on ne les traite plus de gouttière, maintenant), Si c’est un persan, ça peut faire l’affaire aussi. Enfin, un chat, avec quatre pattes – c’est important pour la suite de l’histoire -, des moustaches et tous les attributs morphologiques des félins de bonne compagnie.

Déposez l’animal délicatement à côté d’une fontaine. Vous savez ? Celle qui se trouve dans le square, près de la mairie.

Sur le bord de ladite fontaine – qui peut devenir une mare, un lac, un fleuve, même une flaque peut faire l’affaire -, l’essentiel est qu’il y ait de l’eau, perchez un oiseau, un moineau, un pigeon, un merle, une poule d’eau, un sansonnet. Enfin un volatile. C’est important aussi pour la suite de l’histoire. Ça disparaît facilement, un volatile ! L’eau aussi c’est important, parce que, au contraire, elle, elle est dans la permanence.

Maintenant, observez attentivement. Vous vous doutez, je suppose, que le chat convoite l’oiseau !

C’est là tout le fond de ce petit livre. Gilles Barraqué s’est inspiré des Exercices de Style de Raymond Queneau pour concocter, page après page, une suite débridée d’aventures d’un chat qui convoite un oiseau à toutes les sauces, selon celui qui en sera le narrateur : sauce africaine, sauce esquimaude, sauce martienne, sauce aux légumes, sauce militaire, sauce calligramme, sauce journal du 20 heures, sauce SMS…. Des recettes du monde, de bouche à oreille, gourmandes, selon l’humeur,d’hier et d’aujourd’hui, épicées, expérimentales, personnelles, pour gastronomes distingués…62 recettes en tout, pour mitonner une histoire toute simple d’un chat qui rêve d’engloutir un oiseau et qui tombe à l’eau alors que le volatile se volatilise. C’est drôle, et ça fait rire, autant le narrateur que le lecteur. C’est un livre qui se déguste, qui se savoure ; on s’en lèche les babines !

Je suis une admiratrice fanatiquement enthousiaste de Raymond Queneau et des Oulipiens (traduisez « fan »). Et, écrire à la manière de Queneau, sans tomber dans la pâle copie du genre, c’est un bel exploit, surtout quand on sait que ces courts moments de la vie d’un chat maladroit sont destinés à des enfants à partir de 10 ans. J’ai l’intention d’utiliser cette savoureuse veine pour les ateliers d’écriture que je conduis auprès de jeunes scolaires ; je suis quasi sûre d’obtenir grand succès.


L’histoire sans sauce

Maman m’a raconté cette histoire en rentrant du travail : en passant par le square près de la mairie, elle a vu un chat qui essayait d’attraper un oiseau posé au bord du bassin ; le chat a sauté, mais l’oiseau s’est envolé ; alors le chat est tombé à l’eau.
Cette histoire m’a beaucoup fait rigoler.


À la sauce aux légumes

Quelle salade, l’histoire que maman m’a racontée ! En faisant le marché, elle voit un chat poil de carotte qui poireaute près d’une flaque ; en fait, il guette un petit bout de chou de moineau en train de picorer du concombre. Le chat se radine en douce, saute, mais le pois chiche à plume s’envole.
Aïe ! Cette patate de chat se ratatouille la citrouille dans la flaque ! Il est tout aspergé !
Moi et maman, on a ri comme des cornichons. Jamais je n’avais entendu une histoire aussi bête.


À la sauce calligramme

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© Martine – 08 septembre 2015 

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