Zoyâ Pirzâd, Un jour avant Pâques

Zoyâ Pirzâd, Un jour avant Pâques Éditions Le Livre de Poche, 12 mai 2010
Zoyâ Pirzâd, Un jour avant Pâques
Éditions Le Livre de Poche, 12 mai 2010

Edmond et Tahereh sont amis. Edmond est un jeune garçon Arménien, Tahereh est une fillette Iranienne. Sur les rives de la mer Caspienne, ils partagent les jeux de l’enfance sans se soucier de l’ostracisme qui règne entre les deux communautés. Zoyâ Pirzâd, l’auteure de ce court roman, est née d’un père Iranien et d’une mère Arménienne. C’est dire que son regard est affûté ! En prêtant sa voix à Edmond, que le lecteur va escorter dans trois époques de sa vie, elle va dessiner, à petites touches discrètes le tableau d’une société où il est imposé de se coudoyer sans se mêler. Si les deux enfants n’ont cure de ces conventions, les adultes, eux, y sont inévitablement soumis. Et Edmond, devenu adulte et père, aura lui aussi une réaction conformiste à l’annonce du mariage de sa fille avec un jeune homme non arménien. Un comportement qu’il regrettera et qu’il tentera en vain de réparer après le décès de son épouse.

C’est un vrai roman de société qu’a écrit Zoyâ Pirzâd. Elle  évoque le quotidien ordinaire avec finesse, sans poser de jugement. Elle énonce les faits, les émaillant d’anecdotes savoureuses – pour les papilles, parce que la veille de Pâques est traditionnellement gourmande chez les Arméniens –, parfois tapageuses – la vie des familles dans chacune des communautés n’est pas toujours paisible –, et c’est ce qui fait la force du texte. Il y a des pères intransigeants et tonitruants, des grand-mères rigides, des belles-mères atrabilaires, des belles-filles indépendantes, des instituteurs autoritaires mais volages, des curés aux aguets et des enfants qui observent cette vie cosmopolite et tapageuse avec un peu d’inquiétude. La référence à l’histoire arménienne, au génocide, est mentionnée en toile de fond. Excepté Madame Gringorian, gérante du café où les enfants achetaient des bonbons, qui « était la seule Arménienne a avoir vu l’Arménie« , aucun de ceux qui cultivent la pérennisation des traditions ancestrales arméniennes n’a connu ce pays.

. «L’honneur d’une femme, dit celle-ci, c’est de se soumettre aux volontés de son père jusqu’à son mariage, et une fois tenue par les liens les plus sacrés du mariage, d’obéir à son mari.C’est pour nous une coutume millénaire.»
Ma mère ironisa: «Et que pensent nos coutumes millénaires de l’honneur des hommes?» 

*****

« Vous avez un problème avec une série d’opinions, d’habitudes et de coutumes fossiles ! »

J’ai acquis ce livre (paru, aux Éditions Zulma, le 21 août 2008) lors de ma visite, en juin dernier, de l’exposition présentée à l’Hôtel de Ville de Paris, sur le Centenaire du génocide Arménien. Plus de 350 photos et 150 objets qui donnent la mesure de ce tournant historique, de cette transition tragique vers un monde de violence. L’exposition revient aussi sur l’arrivée des réfugiés en France, à Marseille et en Région Parisienne, notamment. Qui d’entre nous ne connaît pas, aujourd’hui, un descendant de ces personnes auxquelles on a volé les racines, la terre, la source, l’ancrage de leurs mémoires ?

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© Martine – 03 septembre 2015 

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