Julián Herbert, Berceuse pour ma mère

Enfant, je voulais être chercheur ou médecin, un homme en blouse blanche, mais j’ai découvert mon manque d’aptitudes : il m’a fallu des années pour accepter que la terre était ronde. En public, je faisais semblant. Un jour, dans je ne sais plus quelle école primaire (j’en ai fréquenté 9 en tout), j’ai exposé aux autres élèves, sans le moindre trac, les mouvements de translation et de rotation […]. Mais dans le fond, non, je n’y croyais pas à cette rotondité de la Terre. Je vivais avec l’angoisse orgueilleuse et lucide qui avait mené tant d’hérésiarques à la mort, étripés par Saint Augustin.
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