Quand le Valet tue Dinaire, dans le dico débonnaire…

 

RAPPEL DES RÈGLES

Le lundi, je propose un mot. Un mot, un vrai, un qu’on peut trouver dans n’importe quel dictionnaire de bonne facture. Un mot, parfois très contemporain, mais parfois aussi un peu désuet, oublié, ou peu usité.

Vous avez jusqu’au dimanche à midi, pour proposer une définition étymologique et rocambolesque de ce mot, définition à assortir d’une citation abracadabrantesquement  imaginaire. Autrement dit, vous écrivez une phrase ou deux pour illustrer votre définition.

Pendant la semaine 06.20,
seulement 2 diconautes ont
débonnairement
exercé leur sagacité.

PALINODIE

 

◦•●◉✿ Antiblues ✿◉●•◦

[Valétudinaire]

adj.

Qui se rapporte aux valets.
De même que « ancillaire » a trait aux servantes, « valétudinaire » concerne les valets.

La chambre syndicale des valets de pied (CSVP) rappelle régulièrement dans des communiqués de presse que ses 133450 membres dénoncent leur condition valétudinaire précaire.

En effet, le valet de pied est voué à toutes sortes de tâches : serviteur, accompagnateur, garde du corps et parfois, hélas, jouet sexuel .

La pénibilité évidente de cette dernière activité les a amenés à se trouver souvent en tête des cortèges de manifestants contre la réforme des retraites. Facilement repérables (ils portent tous des costumes de laquais) leurs banderoles proclament fièrement « Être valétudinaire c’est le pied ! Non à l’âge pivot ! ». Philippe Martinez, très ému et opportuniste, a fait imprimer à la hâte des milliers de badges adhésifs « Je suis valétudinaire ! « que les militants CGT arborent par solidarité en toutes occasions devant les caméras.

◦•●◉✿ Lydia ✿◉●•◦

[Valétudinaire]

Adjectif désignant une pauvre personne affamée.

L’étymologie est hispanique. Sous la monarchie espagnole du XVIe siècle, Jeanne la Folle, qui n’avait pas tous les neurones dans le même cervelet, avait l’habitude de se préoccuper de son personnel et demandait à ses serviteurs, en ancien castillan : valeto, dinaires ? Ce qui signifiait : « Valet, as-tu dîné ? » La phrase se répétait ainsi à tous les repas et les domestiques profitaient donc de la générosité de leur bienfaitrice pour manger royalement.

La rumeur s’était répandue dans Burgos que le personnel était plus gras que les villageois. De ce fait, dès qu’ils apercevaient une personne chétive, ils lui demandaient immanquablement en riant : « valeto, dinaires ? »

Les Mémoires de son fils, Charles Quint, relate cet épisode : « Mon père, Philippe le Beau, riait sous cape lorsqu’arrivaient les repas. Avant que ma mère ne se mette à table, il l’imitait en contrefaisant sa voix fluette, s’adressant à un valet imaginaire. Nous riions aux éclats avec mes sœurs, ce qui mettait ma mère en joie lorsqu’elle venait s’asseoir à nos côtés. Les serviteurs valétudinaires n’existaient pas chez nous, ils étaient bien nourris. Mais nous la laissions faire car cela lui faisait plaisir ».

◦•●◉✿ Tristan Savin ✿◉●•◦

in Dictionnaire des mots savants employés à tort et à travers.

[Valétudinaire]

adj et n.

Du latin valitudinarius.

Le terme désigne-t-il un domestique soumis, de la « valetaille » ? Ou une occulte étude vétérinaire ?

Ni l’un ni l’autre.

En réalité, un valétudinaire est un être « maladif, à la santé fragile »… Par « cohorte des valétudinaires au pouvoir », il faut donc entendre « assemblée de potentats cacochymes » ou « armée mexicaine d’octogénaires en phase terminale ».

Le terme savant est souvent associé à l’idée de pouvoir, car, on le sait, arriver au pouvoir prend du temps, et une fois au sommet de l’État, on s’y accroche pour y rester jusqu’à la fin de ses jours, même en piteux état.

De Brejnev à Mitterrand, les exemples ne manquent pas dans l’histoire. D’où la comparaison fréquente avec mammouths et dinosaures.

Mais revenons à nos moutons malades et à nos glissements sémantiques. Le dictionnaire historique de la langue française nous apprend que la racine latine du mot, valere, signifiait en fait « être bien portant » et son dérivé valetudo, « bonne santé ». Pour Alain Rey, le mot a ensuite « pris, par litote, la valeur de “mauvais état de santé” ».

Mais être « maladif » procure parfois certains avantages. Comme l’écrivait Jane Austen : « Nous autres valétudinaires, nous nous arrogeons des privilèges ! »

◦•●◉✿  ✿◉●•◦

À demain pour la semaine 07.20

• • «.¸¸.¤°´¯`• Écri’Turbulente• ´¯`°¤.¸¸.»•

 

5 commentaires

  1. J’ignorais tout de ce mot! (Dans ces cas là- oui ça arrive donc- je ne recherche pas le vrai sens avant de faire ma définition débonnaire, cela m’évite d’être influencé ! )
    Une grande découverte pour moi: le sens de l’humour et de la famille de Charles Quint, un pince sans rire celui-ci !
    Merci Lydia ! 😉

    Aimé par 1 personne

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