José-Maria de Heredia : Les Trophées

JOSE MARIA

L’oubli

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l’horizon marin,
Sur l’azur infini dresse sa forme noire.

La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

Mais l’Homme indifférent au rêve des aïeux
Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,
La Mer qui se lamente en pleurant les sirènes.

José-Maria de Heredia – Les Trophées – 1893

2 commentaires

  1. Oh, oh ! du promontoire ! danse, fauve terrain,
    (et les Héros d’airain) ensevelit la gloire.

    Menant ses buffles boire, un antique refrain
    et l’horizon marin dresse sa forme noire.

    Douce aux anciens Dieux, vainement éloquente,
    verdir une autre acanthe ;
    Au rêve des aïeux du fond des nuits sereines,
    en pleurant les sirènes.

    hé bien même en en virant la moitié ça reste assez joli 🙂
    (en quelques sorte, du Jo-Mar d’Héré)

    Aimé par 1 personne

J'apprécierais de lire votre avis sur cette publication !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s