Bon anniversaire, Jean-Claude Pirotte

JEAN CLAUDE PIROTTE

« Je crois que je suis né / vers l’âge de cinq ans / en voyant les bébés / voguer dans leur landau / j’étais un vieux bébé / privé de véhicule / et la pluie me glaçait / de son silence agile ».

Ainsi commence La Vallée de Misère, une œuvre de Jean-Claude Pirotte,

 

l’univers est universel
un peu comme l’eau de vaisselle
et le monde est mondial
on dirait la fin du bal

quant à la terre elle est terrestre
et de moins en moins intime
les océans sont maritimes
on consomme ce qu’on y verse

les marins dans le cambouis
pourront bientôt marcher sur l’eau
les terriens regardent les flots
inonder leur dernier boui-boui

 

Jean-Claude Pirotte (1939-2014) : Poète, romancier, peintre né à Namur, en Belgique. Avocat de 1964 à 1975, il est rayé du barreau pour avoir favorisé la tentative d’évasion d’un de ses clients (acte qu’il a toujours nié), et condamné à un emprisonnement auquel il se soustrait en vivant clandestinement jusqu’à la péremption de sa peine en 1981. Son écriture nous entraîne dans les plis du quotidien et les courbes des vignobles, « au fond des chais obscurs et du secret lumineux du paysage » (Autres arpents, prix Marguerite-Duras 2001). Jean-Claude Pirotte a reçu en 2011 le Prix Apollinaire et en 2012 le Grand prix de poésie de l’Académie française et le Goncourt de la poésie (prix Robert Sabatier) pour l’ensemble de son oeuvre.Il avait déjà été couronné notamment par le prix Maurice Carême et le prix Kowalski, prix de poésie de la Ville de Lyon, en 2008, le prix des Deux Magots en 2006 pour son roman Une adolescence en Gueldre, le prix Marguerite Duras pour Autres arpents et le prix Valery Larbaud pour Ange Vincent en 2002.
En juin 2004, le Centre d’Etudes Pluridisciplinaires Des Imaginaires du VIN – CEPDIVIN a organisé le premier colloque international : « Jean-Claude Pirotte, Le vin des rêves ». Jean-Claude Pirotte est décédé le samedi 24 mai 2014.

Pendant sept jours consécutifs, à l’occasion de son anniversaire, je vous proposerai la lecture de quelques uns de ses poèmes, extraits de son recueil Cette âme perdue.

« Cette suite de poèmes dont le titre est évidemment un hommage à Valery Larbaud s’apparente, comme de plus en plus souvent dans mon travail, au journal intime – encore que disposé, conçu pour la publication. Le carnet intitulé Cette âme perdue a été ouvert le 20 février 2010 près de la mer du Nord, et ses dernières pages datent de fin avril 2010, alors que je retrouvais la parole après une assez courte mais douloureuse hospitalisation. Ces poèmes assez brefs, dénués de toute ambition novatrice, écrits au jour le jour, témoignent de ce que, dans Alma perdida, Valery Larbaud évoque : “poésie de choses banales … / Hauts et bas du temps et du tempérament”. »

Jean-Claude Pirotte

Les sept extraits :

c’est mon ombre qui me quitte

j’aimerais bien retrouver

parce que l’âme est en exil

on vous parle du vent des plaines

depuis hier le soleil a grandi

je contemple le ciel

l’univers est universel

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