Pierre Reverdy : Pêcheurs d’étoiles

Pêcheurs d’étoiles

Il y a le mot qui chante
Et le bruit du décor
Le vent qui passe et entre
Le ciel gonflé de larmes
Et l’œil plein jusqu’au bord
Enfin ce sont les cris mêlés dans la voiture
Une foule qui passe à chaque coin de rue
La maison qui remue
Le toit pris de vertige
Qui glisse vers le vide
La fumée éperdue
Dans le coin des carrés où vivent les lumières
Le boulevard immense où s’agite la mer
Tous les visages droits levés vers la bordure
Des immeubles repeints d’un seul coup de soleil
Et toute la suite
Les paysans là-bas
Les accents étrangers
Qu’on ne comprend pas
Le port débarque des flots de monde et des flocons
La neige pure sur les balcons
C’est peut-être dans ce filet de mots ce soir que se prendra
Cet astre lumineux sur le vaisseau qui va

Pierre Reverdy – Main d’œuvre
1913 – 1949

REVERDY

Pour l’anniversaire de Pierre Reverdy, le 13 septembre, d’autres poèmes sur ce site

L’orage
Jour transparent
Départ

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