Egon Schiele, Moi l’éternel enfant

J’aimais tout

Je voulais regarder les Hommes en colère avec amour

Pour obliger leurs yeux à me rendre la pareille

Et les envieux, je voulais les combler de cadeaux et dire

Que je ne valais rien. …

J’entendais de doux vents – tourbillons

Fendre les lignes d’air

Et la jeune fille,

Qui lisait d’une voix plaintive,

Et les enfants

Qui me regardaient avec de grands yeux

Et répondaient par des caresses au regard que je leur rendais

Et les nuages au loin

Ils posaient leurs bons yeux plissés sur moi.

Les jeunes filles blafardes et blanches me montraient

Leurs jambes noires et leurs jarretelles rouges

Et parlaient avec des doigts noirs.

Mais moi, je pensais aux mondes lointains:

digitales.

Si j’étais là moi-même,

Je l’avais à peine su.

Egon Schiele, 1998
extrait, recueil « Moi, l’éternel enfant »

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5 commentaires

  1. J’ai été déroutée par le 1998 derrière le nom puisqu’il est mort en 1918. Mais j’ai réalisé que c’était la date de sortie du recueil. Que veux-tu, il était tôt, j’étais mal réveillée.

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