Achille Chavée : Du temps que j’étais milliardaire

Du temps que j’étais milliardaire

Du temps que j’étais milliardaire
un éléphant vêtu de noir
près de moi vint s’asseoir
en me disant pardon confrère

Du temps que j’étais souris blanche
je suis sorti de souricière
au jour perdu de ma naissance
mais je n’ai pas gagné au change

Du temps que j’étais hanneton
je fus aussi dans la prison
de l’allumette
et dans celle des horizons

Du temps trouvé pour être un homme
et pour penser à moi aussi
je n’ai cueilli sur l’arbre que la pomme
pleine des vers de mon souci

Achille Chavée – Cristal de vivre

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11 commentaires

  1. « Juste ciel » est un poème de A Chavée que j’ai du étudié ou lire où il est question de clepsydre et de roue de moulin à eau 😉 et où il cite Benjamin Peret , mais je ne m’en souvenais pas

    J'aime

    1. II s’agissait d’une clepsydre gigantesque

      d’une clepsydre magique

      qui sans fatigue aucune

      mesurait cent mille ans d’histoire humaine

      Il s’agissait d’une clepsydre unique

      dont chaque goutte d’eau était conscience

      souffrance était

      était voyance

      dont chaque larme alimentaire était

      mille litres de sang humain coagulé

      sans parler de celui des oiseaux

      des poissons et des mammifères

      Il s’agissait d’une clepsydre métaphorique

      d’une incroyable soif

      que de mon cœur infatigable noria

      que de mes mains pensives

      manipulant les astres et des désastres

      j’avais construite solitaire et puissant

      dans l’empire de mon
      Sahara

      dans l’Atlantide redécouverte

      de mes planètes d’horoscope

      Il s’agissait d’une clepsydre à l’échelon sacré

      que d’une seule pensée accréditée

      que d’un seul geste ayant tranché sa main

      je pouvais transformer au gré de ma conscience

      en fusée métaphysique

      à ogive inconditionnelle

      susceptible de percer

      le misérable rideau mité

      de la science du bien et du mal

      Et à l’exemple de
      Benjamin
      Peret le pur

      je fis le geste nécessaire

      et je pus voir se détachant du ciel

      tomber sur la plaine immense du silence

      semblable à une fine pluie d’automne

      pour la fertilité du grand désert

      le cadavre de
      Dieu redevenu poussière

      29 mai 1963

      Aimé par 1 personne

    1. Il fêtera son anniversaire en juin… 2020, nous en reparlerons donc… Oui mais c’est dans un an, vas-tu rétorquer ! Patience 😉

      Il a dit aussi : « Je suis un vieux peau-rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne »

      PS – C’est un poète belge (voilà pourquoi Louvain-La-Neuve, clin d’œil à Anne), révolutionnaire, pur sang !

      Aimé par 1 personne

      1. ça m’est revenu hier quand nous sommes passés vers la roue d’un moulin à eau… horloge à eau… clepsydre… Juste ciel (Merci le Net que je viens de consulter) et Merci Martine (turbulente 😉 ça on peut le dire, tu as su me secouer la tête) d’avoir fait resurgir un souvenir enfoui à jamais. Bises

        Aimé par 1 personne

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