Henri Michaux : Chant neuvième

Dedans c’est la fumée. 
Dehors c’est la fureur.

On embauche les flammes pour la destruction des édifices. 
On embauche la bassesse humaine pour la destruction des fiertés. 
On embauche la bêtise et la veulerie dans un immense et composite outil. 
Et travaille dur cet outil, dur et insolemment, par-ci par-là avec des souplesses, puis de
nouveau dur et impudent, lassant la résistance et développant un immense imbroglio.

Mais dur pour qui le subit. 
Et qui ne le subit pas ?

Le travail creuse, le crachat aussi.

Jusqu’où tomberas-tu ?

Jusqu’où fléchiras-tu, peuple méconnaissable ?

Henri Michaux

henri-michaux-figures-2_large
© Henri Michaux, Sans Titre, 1973

8 commentaires

  1. Bonjour, merci beaucoup pour vos partages. Henri Michaux a cette manière de dire à la fois étrangère et familière. C’est que sa parole s’enracine dans le corps, je pense, qui justement nous est étranger et familier. Pourrais-je vous demander la date de ce texte ? Merci !

    Aimé par 2 personnes

    1. J’ai « illustré » les poèmes d’Henri Michaux par certaines de ses peintures, mais le choix est arbitraire (c’est le mien). En tout cas, j’ai pris beaucoup d’intérêt et de plaisir à découvrir (ou redécouvrir) ce poète et à partager ses mots avec mes lecteurs. (Même si j’avais un mois d’avance 😉 )

      Aimé par 1 personne

J'apprécierais de lire votre avis sur cette publication !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s