Henri Michaux : Chant sixième

Dans l’abattement général, tout à coup la bataille, comme revigorée dans le silence,
reprenait, nouvelle et avec de nouveaux moyens.

A nouveau le parti le plus fort bougeait, volait, se ruait, parcourait un continent, prenait des
avantages formidables. 
On attendait anxieux, les uns triomphants, les autres défaits.

Mais inutile brisement.

Il ne pouvait divorcer d’avec le malheur.

Personne, aucun peuple ne le pouvait et l’attente reprenait comme une vie de taupe.

Les patients écoutaient des voix libératrices franchir les continents. 
Mais l’événement ne libérait rien, ne franchissait même pas un petit ruisseau et des
oreilles
soupçonneuses écoutaient les écoutants.

Henri Michaux

Capture
© Henri Michaux, Sans titre, 1968

4 commentaires

    1. Chuis née taupe… Vu sous c’est angle (de vue, bien sûr), non, la vie de taupe n’est pas complètement négative. En revanche, le ruisseau qui ne vient pas… c’est un peu dommage de na pas l’entendre, à défaut de le voir 😉

      Aimé par 1 personne

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