Henri Michaux : Chant Douzième

En ce temps-là, un grand pays se trouva comme un pays petit.

Un accident de lutte l’ayant mis à terre en un instant, il se tenait coi à présent, jetant les yeux
à gauche, à droite, il semblait demander la permission.

En ce temps-là, celui qui avait jeté tant de lumière fut en grande obscurité.

Ce pays alors beaucoup nous affligea et lui fort affligé aussi, mais surtout penaud d’être si
amoindri et prisonnier et sa chaîne si courte et si tendue.

Les autres pays, stupéfaits, considéraient celui qui, par son soleil les avait si longtemps forcés
à lever la tête.

Mais ils ne se réjouissaient pas, même les envieux.

Ce ratatinement si rapide les angoissait.

Henri Michaux

michaux-sans-titre-1948-49-x-32-cm
© Henri Michaux – 1948

6 commentaires

  1. Ou comment dans l’obscur le soleil reflète ses rayons sur la lune pour y voir ?
    Henri est extrêmement subtil. Et la délicatesse des mots qu’il choisit pour l’exprimer est sans commune mesure.
    Serait-ce un poète ?
    Bises l’écrevisse.
    🙂

    Aimé par 1 personne

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