Georges Rodenbach, Le règne du silence

La vie des chambres

Les chambres vraiment sont de vieilles gens 
Sachant des secrets, sachant des histoires, 

– Ah ! Quels confidents toujours indulgents ! – 
Qu’elles ont cachés dans les vitres noires, 
Qu’ elles ont cachés au fond des miroirs 
Où leur chute lente est encore en fuite 
Et se continue à travers les soirs , 

Chute de secrets dont nul ne s’ébruite ! 

Les chambres vraiment sont de bons vieillards 
Et ce sont aussi de bonnes aïeules ; 

Eux, rêvent tout bas à d’anciens départs ; 

Elles prennent peur quand elles sont seules,
Tristes pour jamais d’avoir vu mourir. 
Voilà la douleur toujours actuelle, 

La douleur humaine et contre laquelle 
Les chambres en deuil n’ont pu s’aguerrir ; 
Se remémorant encor la minute 
Où jadis telle Âme, à la fin du soir, 

S’ envola soudain dans l’air du miroir 
Et depuis ce temps y poursuit sa chute. 

Georges Rodenbach (1855-1898)

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9 commentaires

  1. Vous me rappelez que j’ai des poésies de Georges Rodenbach dans mes rayons ainsi que le fameux Bruges la morte. De ce fait, j’ai envie de le relire. Merci et bon dimanche.
    Marie. Blog Bonheur du Jour

    Aimé par 1 personne

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