Du 1er au 31 août, je vous propose chaque jour quelque énigme littéraire, histoire de vous faire réviser vos classiques avant de reprendre le collier.

Déposez vos réponses en commentaires. Pas la peine de chercher à copier sur lela voisine. Ils sont modérés (les commentaires… les voisins sont plutôt mesurés, eux) et ne seront validés qu’avec les solutions  qui vous seront données en fin de journée sur la page de l’énigme. Bien sûr, vous ne prenez aucun engagement de jouer tous les jours, mais je procéderai à une remise des prix, début septembre. Tout le monde peut jouer, même si vous ne gérez pas de blog ! Et on peut évidemment juste visiter cette page, pour se divertir, ou s’instruire…

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RÉCAPITULATIF DES ÉNIGMES

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DES ÉCRIVAINS BIEN COQUINS
Bien sûr, il y a Sade, le divin Marquis, dont nul ne conteste le talent, mais d’autres écrivains ont commis des romans licencieux, érotiques, voire franchement pornographiques…
Saurez-vous leur rendre leur ouvrage ?
Épisode 2/2

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1 – Alfred de Musset
2 – Denis Diderot
3 – Jean Genet
4 – Louis Calaferte
5 – Bernard Noël
6 – André Pieyre de Mandiargues

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• a •  Les Bijoux indiscrets
• b •  Gamiani ou deux nuits d’excès
• c •  Le Château de Cène
• d •  Notre-Dame-des-Fleurs
• e •  La mécanique des femmes
• f •  L’Anglais décrit dans le château fermé
• g •  Le Surmâle
• h •  Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation
• i •  Les Exploits d’un jeune don Juan
• j •  Le Con d’Irène
• k •  Petite dactylo
• l •  L’anus solaire

Source

LES SOLUTIONS
1.b –
Alfred de Musset, Gamiani ou deux nuits d’excès

41ceg9eykjlGamiani ou Deux nuits d’excès, deux nuits pour se faire conter toute une vie de dépravation. Comme si cette débauche n’était qu’un prétexte à découvrir une vérité sordide sous les faux-semblants de l’abandon à la jouissance. Comme si Musset, au-delà du plaisir évident pris à l’écriture de ce pastiche, dénonçait, avec la nonchalance et la délectation du jeune écrivain doué, le trompe-l’oeil du libertinage, et peut-être déjà, de sa vie.

Difficile de classifier ces Deux nuits d’excès qui oscillent entre pornographie façon drame romantique et jeu littéraire en hommage aux maîtres de la littérature érotique, entre pied de nez et mise en scène d’un fatum regrettable et honteux.

Reste que, dans cette oeuvre libertine qu’il n’a pas signée, en ses trois personnages déchirés, on dirait bien que Musset – ou ce « convive vêtu de noir »qui lui « ressemblait comme un frère » – s’est quand même invité.

2.a –
Denis Diderot, Les Bijoux indiscrets

71mpu3vcvzlUn sultan se voit offrir un anneau aux pouvoirs magiques : toute femme vers laquelle il en tournera le chaton dévoilera ses intrigues les plus secrètes, bien malgré elle la plupart du temps puisque la voix de la vérité viendra de la partie la plus intime – et la mieux renseignée – de son anatomie…
Avec ce roman, paru d’abord de manière anonyme, qui tout entier tourne autour des confessions involontaires et scandaleuses des femmes de la cour de Mangogul – où l’on reconnaît celle de Louis XV –, Diderot pensait avoir commis une “grande sottise”. Heureuse sottise, puisqu’elle nous vaut l’une des rares grandes fictions libertines au sens fort, c’est-à-dire qui réponde, comme Candide ou Justine, à ces trois critères : un récit expérimental, encyclopédique et, surtout, philosophique.

3.d –
Jean Genet, Notre-Dame-des-Fleurs

61-uuyvtcnl«Weidmann vous apparut dans une édition de cinq heures, la tête emmaillotée de bandelettes blanches, religieuse et encore aviateur blessé, tombé dans les seigles, un jour de septembre pareil à celui où fut connu le nom de Notre-Dame-des-Fleurs. Son beau visage multiplié par les linotypes s’abattit sur Paris et sur la France, au plus profond des villages perdus, dans les châteaux et les chaumières, révélant aux bourgeois attristés que leur vie quotidienne est frôlée d’assassins enchanteurs, élevés sournoisement jusqu’à leur sommeil qu’ils vont traverser, par quelque escalier d’office qui, complice pour eux, n’a pas grincé. Sous son image, éclataient d’aurore ses crimes : meurtre 1, meurtre 2, meurtre 3 et jusqu’à six, disaient sa gloire secrète et préparaient sa gloire future.»
Jean Genet.

4.e –
Louis Calaferte, La mécanique des femmes

81puubni34lEn 1963, Louis Calaferte publie Septentrion. Aussitôt interdit, ce livre est réédité en 1984. Pour celui qui l’aborde, sa fulgurance est intacte.
La mécanique des femmes, qu’il nous donne aujourd’hui, est comme la quintessence de Septentrion.
Il y est question, comme le dit précisément le titre, des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines.
Aucun écrivain n’aura jamais comme dans ce texte parlé de «l’impudeur» et de «l’obscénité» des femmes, avec une telle précision, un tel détachement, avec autant d’intense crudité.
De cela, comme de Dieu et de la mort, Louis Calaferte ne cesse de nous entretenir. Il le fait d’un point de vue souverain, celui de l’écrivain maître absolu de son style.

5.c –
Bernard Noël, Le Château de Cène

71zka-ytlslÊtre inacceptable… 

Il ne s’agissait pas de faire scandale ni violence, mais de céder à l’emportement d’une révolte qui, en soulevant l’imagination, combattait la censure intérieure et la réserve timide. 

L’écriture fut en tout cas un moment de jubilation et de liberté intenses, car être inacceptable conduit simplement à ne pas accepter les oppressions de l’ordre moral et de sa propre soumission. 

Ce livre, poursuivi pour outrage aux mœurs, est-il devenu inoffensif ? Ou bien la censure s’est-elle faite plus subtile en privant de sens – donc de plaisir – aussi bien les excès imaginaires que les valeurs raisonnables ? 

6.f –
André Pieyre de Mandiargues, L’Anglais décrit dans le château fermé

413ly1ugacl«Les écrivains, hommes ou femmes, qui ont reçu ce privilège intellectuel de pouvoir jouer avec le pire, je voudrais qu’ils laissent fuser parfois la soupape de sûreté de leur enfer et qu’ils se montrent capables, à force de mots au moins, de balancer leur Pline ou leur princesse Borghèse au grand feu du Vésuve […].
Je ne crois pas m’écarter de l’objet de cette introduction à un vieux livre assez abominable, mais que j’avoue chérir et qui me paraît digne d’être reconnu, en disant enfin que si j’ai eu des passions, dans ma vie, ce n’aura été que pour l’amour, le langage et la liberté. Malgré le désir, présent en moi toujours, d’être poli, l’exercice de ces trois passions capitales n’a pu aller, ne va pas et n’ira encore sans quelque insolence. Tant pis, tant mieux.»

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