Du 1er au 31 août, je vous propose chaque jour quelque énigme littéraire, histoire de vous faire réviser vos classiques avant de reprendre le collier.

Déposez vos réponses en commentaires. Pas la peine de chercher à copier sur lela voisine. Ils sont modérés (les commentaires… les voisins sont plutôt mesurés, eux) et ne seront validés qu’avec les solutions  qui vous seront données en fin de journée sur la page de l’énigme. Bien sûr, vous ne prenez aucun engagement de jouer tous les jours, mais je procéderai à une remise des prix, début septembre. Tout le monde peut jouer, même si vous ne gérez pas de blog ! Et on peut évidemment juste visiter cette page, pour se divertir, ou s’instruire…

• «.¸¸.¤°´¯`•๓.๔• ´¯`°¤.¸¸.»•

RÉCAPITULATIF DES ÉNIGMES

Énigmes n°1 – Énigmes n°2 – Énigmes n°3Énigmes n°4Énigmes n°5Énigmes n°6Énigmes n°7 – Énigmes n°8 – Énigmes n°9Énigmes n°10 – Énigmes n°11Énigmes n°12

• «.¸¸.¤°´¯`•๓.๔• ´¯`°¤.¸¸.»•

"La crainte de l'adjectif est le début du style", disait Paul Claudel, 
et
Victor Hugo qualifiait l'adjectif de "graisse du style".
Saurez vous rendre, néanmoins, leur adjectif aux titres suivants ? #Épisode.1/4

1 — vilaine
2 — française
3 — écarlate
4 — interdites
5 — prodigieuses
6 — conjugal
7 — ingénieux
8 — secret
9 — jeune
10 — savantes
11 — douteux
12 — inconnu
13 — étroite
14 — dernière
15 — tendre
16 — mauvaise

☆彡.。.:*・☆彡.。.:*・☆彡.。.:*・☆彡.。.:*・☆彡

a – Joseph Conrad, L’Agent . . . . . . . . . . .
b – Miguel de Cervantès, L’. . . . . . . . hidalgo Don Quichotte de la Manche
c –Alphonse Daudet, Les Aventures . . . . . . . . . . . . . . . de Tartarin de Tarascon
d –Nathaniel Hawthorne, La Lettre . . . . . . . . . .

• «.¸¸.¤°´¯`•๓.๔• ´¯`°¤.¸¸.»•

Source

LES SOLUTIONS

8.a –

902741«L’Agent Secret a été écrit en 1906, à une période charnière de la carrière de Joseph Conrad. Dans l’esprit de Conrad, le développement de cette nouvelle en feuilleton puis sous sa forme romanesque définitive constitue avant tout un espoir de salut financier. Mais cette tragi-comédie macabre, trop dure et sarcastique pour ses lecteurs edwardiens, connaît à sa parution un échec commercial. En réalité, L’Agent Secret est en avance sur son temps d’une bonne vingtaine d’années. Il faut attendre Greene, Moravia ou Koestler pour mesurer l’importance de ce livre fondateur, qui jette les bases d’un genre moderne, le thriller psycho-politique, où se confrontent la conscience individuelle, les desseins criminels et les soubresauts de l’histoire immédiate, et qui ramène au cœur de la société sa frange la plus mélodramatique – la pègre, le terrorisme – pour démontrer que la trahison, la violence, le cynisme sont des questions morales qui nous concernent tous et non de simples colifichets de la fiction. […] 
Étude en plan serré de la faillite morale et du fiasco individuel, L’Agent Secret brosse aussi le tableau visionnaire d’un Londres annonçant la sauvagerie des métropoles modernes. C’est cette dualité qui légitime pleinement l’intervention graphique de Miles Hyman. Son art intemporel, la poésie minérale de son trait, le flou particulier de sa manière, faite de précision délibérément estompée laissent planer sur tout ce qu’il donne à voir une part de doute et de malaise aussi appropriée à la description de l’affreux petit monde gravitant autour de l’échoppe équivoque de M. Verloc qu’à la représentation de ce que Conrad lui-même appelle « la vision d’une ville monstrueuse, cruelle dévoreuse de la lumière du monde ».» 

7.b –

61g5vl8pqgl« Lecteur inoccupé, tu me croiras bien, sans exiger de serment, si je te dis que je voudrais que ce livre, comme fils de mon intelligence, fût le plus beau, le plus amusant et le plus parfait qui se pût imaginer ; mais, hélas ! je n’ai pu contrevenir aux lois de la nature, qui veut que chaque être engendre son semblable. Ainsi, que pouvait engendrer un esprit stérile et peu cultivé comme le mien, sinon l’histoire d’un fils sec, maigre, jauni, fantasque, plein de pensées étranges et que nul autre n’avait conçues, tel enfin qu’il pouvait s’engendrer dans une prison, où toute incommodité a son siège, où tout bruit sinistre fait sa demeure ? Le loisir et le repos, la paix du séjour, l’aménité des champs, la sérénité des cieux, le murmure des fontaines, le calme de l’esprit, toutes ces choses concourent à ce que les muses les plus stériles se montrent fécondes, et offrent au monde ravi des fruits merveilleux. Arrive-t-il qu’un père ait un fils laid et sans aucune grâce, l’amour qu’il porte à cet enfant lui met un bandeau sur les yeux pour qu’il ne voie pas ses défauts ; au contraire, il les prend pour des beautés, des gentillesses, et les conte pour telles à ses amis. Mais moi, qui ne suis, quoique j’en paraisse le père véritable, que le père putatif de Don Quichotte, je ne veux pas suivre le courant de l’usage, ni te supplier, les larmes aux yeux, comme d’autres font, très-cher lecteur, de pardonner ou d’excuser les défauts que tu verras en cet enfant, que je te présente pour le mien. Puisque tu n’es ni son parent, ni son ami ; puisque tu as ton âme dans ton corps avec son libre arbitre, autant que le plus huppé ; puisque tu habites ta maison, dont tu es seigneur autant que le roi des tributs qu’on lui paie, et que tu sais bien le commun proverbe : Sous mon manteau je tue le roi, toutes choses qui t’exemptent à mon égard d’obligation et de respect ; tu peux dire de l’histoire tout ce qui te semblera bon, sans crainte qu’on te punisse pour le mal, sans espoir qu’on te récompense pour le bien qu’il te plaira d’en dire. » (Extrait du prologue du tome 1).

5.c –

515npftyjzlTartarin habite une luxueuse maison à Tarascon. Son jardin arbore des plantes exotiques, dont un baobab. Il est considéré comme le meilleur chasseur de Tarascon, bien qu’il n’abatte jamais de gibier. À Tarascon, la coutume veut que les chasseurs qui n’attrapent pas de gibier tirent un coup de fusil dans leur casquette. Et c’est Tartarin qui a la casquette la plus trouée. Tartarin est également le meilleur conteur de Tarascon ; tous les habitants de la ville considèrent que l’entendre narrer une histoire est un privilège. Pourtant, Tartarin s’ennuie et aimerait vivre de nouvelles aventures. Il se met continuellement dans des situations dangereuses, espérant se faire attaquer pour pouvoir se défendre.

3.d –

91bgq8frhjlBoston, 1642. Hester, dont le mari est porté disparu, est mise au pilori car elle a commis l’adultère. Condamnée par la colonie puritaine à porter jusqu’à la fin de sa vie sur la poitrine un A écarlate, elle part vivre à la périphérie de la ville, seule avec sa fille, car elle a refusé de livrer le nom de son amant… Considéré comme le premier grand roman du continent américain, cet ouvrage connut à sa publication en 1850 un immense succès, mais par sa peinture d’une société intégriste et d’une femme éprise de liberté, il n’a rien perdu aujourd’hui de sa force et de son attrait. « Un roman admirable, extraordinaire […] il possède le charme et le mystère des grandes œuvres d’art » (Henry James).

..•.¸¸•´¯•.¸¸.ஐ Page d'accueil ஐ..•.¸¸•´¯•.¸¸.

▓▒░ PAGE FB ░▒▓