Ce que je vois

Le lilas fleurit sous la lune
Et ce que je vois je le dis :
La fille nue à gorge brune
Dans le lilas m’ouvre son lit

Le lit du torrent m’est ouvert
Et la fille aux genoux polis
Chaque nuit roule vers la mer,
Une vague étouffe ses cris.

C’est là le drame de mes jours,
La nuit revient sans le résoudre,
À la renverse fuit l’amour
Jusqu’à la mer pour se dissoudre

Si je l’attrape je m’éveille,
Si je m’éveille elle est perdue
Ainsi de suite. Est-ce merveille
Si j’ai l’air de tomber des nues ?

Henri Thomas, Nul désordre, 1950
© Gallimard

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