Pierre Morhange, La robe

La pluie

La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon cœur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon cœur
Elle passait sur mon front sa peau mouillée
Et humaine ma chère pluie
Elle tendait l’oreille
Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti
Elle me met les mains sur les épaules
Et court tant haut dans la plaine du ciel
Et tant me montre les diamants du soleil
Et tant toujours me caresse la peau
Et tant toujours me chante dans les os
Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson
Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux
Disent à notre passage Maintenant
Ils chantent tous les deux.

Pierre Morhange, La Robe
© Seghers, 1954

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5 commentaires

  1. La pluie et les poètes: en voici deux exemples qui me bercent (presque) à chaque averse …

    Claude Nougaro – La pluie

    La pluie fait des claquettes
    Sur le trottoir à minuit
    Parfois, je m’y arrête,
    Je l’admire, j’applaudis
    Je suis son chapeau claque,
    Son queue-de-pie vertical,
    Son sourire de nacre
    Sa pointure de cristal
    Aussi douce que Marlène,
    Aussi vache que Dietrich,
    Elle troue mon bas de laine
    Que je sois riche ou pas riche
    Mais quand j’en ai ma claque
    Elle essuie mes revers
    Et m’embrasse dans la flaque
    D’un soleil à l’envers
    Avec elle je m’embarque
    En rivière de diamants
    J’la suis dans les cloaques
    Ou elle claque son argent
    Je la suis sur la vitre
    D’un poète endormi,
    La tempe sur le titre
    Du poème ennemi
    À force de rasades,
    De tournées des grands-ducs,
    Je flotte en nos gambades,
    La pluie perd tout son suc
    « Quittons-nous dis-je, c’est l’heure
    Et voici mon îlot
    Salut pourquoi tu pleures ?
    – Parce que je t’aime salaud »

    Julos Beaucarne, sur un poème de Charles Van Lerberghe – Ma soeur la pluie.

    Ma soeur la Pluie,
    La belle et tiède pluie d’été,
    Doucement vole, doucement fuit,
    A travers les airs mouillés.

    Tout son collier de blanches perles
    Dans le ciel bleu s’est délié.
    Chantez les merles,
    Dansez les pies !
    Parmi les branches qu’elle plie,
    Dansez les fleurs, chantez les nids
    Tout ce qui vient du ciel est béni.

    De ma bouche elle approche
    Ses lèvres humides de fraises des bois ;
    Rit, et me touche,
    Partout à la fois,
    De ses milliers de petits doigts.

    Sur des tapis de fleurs sonores,
    De l’aurore jusqu’au soir,
    Et du soir jusqu’à l’aurore,
    Elle pleut et pleut encore,
    Autant qu’elle peut pleuvoir.

    Puis, vient le soleil qui essuie,
    De ses cheveux d’or,
    Les pieds de la Pluie.

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