Hubert Haddad, Les Haïkus du peintre d’éventail

Les fleurs sauvages
n’attendent jamais le jour
pour se dégrafer

 

Certains soirs d’été
la lune tombe en pluie
reflets sur le lac

 

En dix-sept syllabes
l’essence même du rien
sans un mot de trop

 

Guérisseur des ombres
il consulte au grand soleil
avec son ombrelle

 

L’histoire des hommes
le papillon l’écrirait
d’un seul vol brouillon.

 

« Les coquelicots –
mouchoirs froissés du chemin
au vent des adieux »

 

Il manque une page
à mon vieux dictionnaire –
les mots de ma vie.

 

Hubert Haddad, Les Haïkus du Peintre d’éventail
© Zulma, 2013

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