Carl Spitzweg est un poète et peintre allemand romantique, né le 5 février 1808 à Unterpfaffenhofen, quartier de Germering près de Munich (Bavière), et mort le 23 septembre 1885 à Munich. Il est considéré comme l’un des représentants majeurs de la période Biedermeier.

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Carl Spitzweg, La promenade du dimanche, 1841

Le terme de Biedermeier désigne avant tout la culture bourgeoise qui apparut pendant la première moitié du xixe siècle. La bourgeoisie cultiva la vie privée et familiale à un point inégalé jusque-là. Les marques extérieures de prospérité passaient au second plan, derrière le bonheur domestique entre quatre murs, dans ce qui devenait un lieu de retraite. Des vertus bourgeoises comme le zèle, la probité, la fidélité, le sens du devoir, la modestie, furent élevés au rang de principes universels. La chambre de séjour du Biedermeier est l’ancêtre de l’actuelle salle de séjour, et l’expression de confort domestique fut probablement introduite à cette époque. La sociabilité fut cultivée dans des cadres restreints, dans les cercles, aux tables des habitués, à travers la musique de salon, mais aussi dans les cafés viennois. La structure familiale bourgeoise était patriarcale, l’homme était le chef de famille, et la femme voyait sa sphère d’activité limitée au ménage. Le bourgeois aisé employait du personnel, entre autres une cuisinière, un cocher, une gouvernante, pour les nouveau-nés une nourrice, et parfois un précepteur. Les loisirs féminins prédominants étaient les travaux manuels et le piano, que chaque fille de bourgeois devait apprendre. Une attention considérablement plus importante qu’avant fut portée à l’éducation des enfants et à leurs chambres. Une mode enfantine apparut, qui n’était pas seulement une copie de la mode des adultes. L’industrie du jouet connut un premier apogée. Friedrich Fröbel créa en 1840 à Bad Blankenburg le premier jardin d’enfants.

Au temps du Biedermeier, la fête de Noël prit dans les maisons la forme que nous connaissons tous aujourd’hui, avec le sapin de Noël, les chants et la distribution des cadeaux.

Carl Spitzweg, Selbstportrait
Carl Spitzweg, 1808-1885, Autoportrait,

Peintre munichois, Spitzweg est célèbre par ses minuscules tableaux, où la postérité s’est plu à retrouver les images du « bon vieux temps ». Bien que son talent de dessinateur se soit manifesté très tôt, il commença par embrasser la carrière de pharmacien. Ses études terminées, les loisirs d’une cure nécessitée par une longue maladie lui firent reprendre le crayon. À peu près autodidacte, il se forme surtout en copiant à la Pinacothèque de Munich les tableaux des petits maîtres hollandais.

 

 

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Carl Spitzweg, Pauvre Poète, 1837

En 1839, son tableau aujourd’hui célèbre du Pauvre poète (Nouvelle Pinacothèque, Munich) est refusé sans explications par le jury du Kunstverein, association artistique fondée une douzaine d’années auparavant afin de soutenir contre l’Académie les peintres de genre et de paysages. Spitzweg refusera dorénavant de participer à des expositions dans sa ville. Il y mènera, même une fois la célébrité venue, l’existence tranquille d’un petit bourgeois, peignant, rimant dans le dialecte local, livrant des caricatures aux revues. Quelques voyages lui permettent cependant de faire à Prague la connaissance des peintres de genre tchèques et d’étudier à Paris et à Londres les paysagistes anglais et les peintres de Barbizon. Ces contacts ont une influence heureuse sur son art, qui évolue d’un faire lisse et froid à une riche et savoureuse orchestration de touches de couleurs dont il semble au moins en partie redevable à l’exemple de Diaz et à celui de Decamps, auquel il emprunte ses sujets turcs.

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Carl Spitzweg, Monsieur le Curé amateur de cactus, 1856

 

Spitzweg est toujours resté fidèle aux petits formats ; ce sont pour la plupart des scènes de genre où les personnages n’occupent qu’une place réduite dans le paysage ou le décor. Parfois simplement pittoresques ou sentimentaux (comme les multiples versions de la Sérénade), ses tableaux se teintent souvent d’un humour fait d’ironie légère ou d’observation amusée (L’Éternel PrétendantLe Rat de bibliothèqueMonsieur le curé amateur de cactus), mais contiennent parfois une forte dose de critique sociale (Seigneur et jeune paysanne) ou d’anticléricalisme sarcastique (Le Corbeau, Nouvelle Pinacothèque, Munich), Spitzweg ayant appartenu aux milieux libéraux — et francophiles — de la capitale bavaroise.

Source

 

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Carl Spitzweg, le corbeau, 1845

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