LES NAVIRES NAUFRAGÉS

Il n’y a pas d’abri contre la douleur, ni sous une cuirasse
ni dans le ventre de la mère. Y en aurait-il dans une urne
funéraire?

Prends garde aux nuits de pleine lune, quand la mer
reflète
les lumières de la ville! Le ciel pourrait s’effondrer sur
tes épaules.

 

Ta foi fragile dans les anges du ciel pourrait
se briser, si tu les voyais cueillir sur les récifs
les brassées d’or des navires naufragés.
Tu te mettrais à pleurer, après l’esquisse d’un sourire.

 

L’homme est un enfant, qui même sous les coups n’apprend pas
que les miracles s’effacent dès qu’on les contemple. Ceci
n’est pas le pire malheur, mais plutôt de rester au port
quand les anges déroutent les bateaux vers les hauts-fonds.

 Pentti Holappa, Point d’ancrage 1994
© Poésie/ Gallimard, 2006

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