Bon. C’était un essai. Mais visiblement, il n’est pas concluant : on fait le puzzle, on en perd l’image, et on ne retrouve pas la façon de mettre l’original en regard du modifié. Je crois que moi aussi, je me serais embourbée dans ce labyrinthe…. Je vous propose de revenir, la semaine prochaine, à notre bon vieux puzzle, sans fioriture. D’autant que celui que je vais vous donner à reconstituer, le 8 mai,  n’est pas piqué des hannetons.

L'artiste du jour, et son oeuvre
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Ingres, Autoportrait à vingt-quatre ans, 1804

Jean Auguste Dominique Ingres naquit à Montauban. Il reçut de son père, le décorateur Jean Marie Joseph Ingres (1755-1814), ses premières leçons de peinture, avant d’entrer très jeune, en 1791, à l’académie de Toulouse où il eut pour maîtres G. J. Roques (1756-1847), J. Briant (1760-1799) et le sculpteur J. P. Vigan ( ? – 1829). Élève de David à Paris, à partir de 1797, il devait remporter, en 1800, un second Grand Prix de peinture, et l’année suivante, en 1801, le premier Grand Prix avec le sujet : Les Ambassadeurs d’Agamemnon et des principaux de l’armée des Grecs, précédés des hérauts, arrivent dans la tente d’Achille pour le prier de combattre (Paris, École des beaux-arts).

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Jean-Auguste-Dominique Ingres – Bonaparte, Premier Consul (1804)

En attendant son départ pour la Villa Médicis, Ingres peint les portraits de La Famille Rivière (Louvre) et de La Belle Zélie (musée de Rouen). Son Bonaparte, premier consul (musée de Liège) est une réussite qui éclipse le portrait peint à la même époque par Greuze (musée de Versailles), et il reçoit la commande du Portrait de l’Empereur (Paris, musée de l’Armée) pour la Chambre desdéputés.

Envoyé comme pensionnaire à la Villa Médicis de 1806 à 1811, il fait parvenir en France les travaux obligatoires que réclame l’Académie. Mais les nombreux tableaux qu’il envoie à Paris (dont La Grande Odalisque, en 1814), reçoivent un accueil toujours réservé de la critique.

 

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Ingres, Le Voeu de Louis XIII, 1820

 

En 1820, il s’installe à Florence. Le gouvernement français lui commande Le Vœu de Louis XIII, destiné à la cathédrale de Montauban. Le tableau, envoyé au Salon de 1824, connaît un succès extraordinaire. Enfin triomphant, Ingres est élu à l’Institut comme successeur de Vivant Denon. Désormais célèbre, il fonde un atelier et, le 30 décembre 1829, est nommé professeur à l’École des beaux-arts.

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Ingres et le nu

1808, Ingres, pensionnaire de l’Académie de France à Rome à la villa Médicis, présente comme étude obligatoire deux nus, La Baigneuse Valpinçon et Œdipe et le Sphynx (tous deux au musée du Louvre). La Baigneuse inaugure une série poursuivie par l’artiste durant toute sa vie, où il s’attache à la représentation d’une femme nue vue de dos. Le second est surtout novateur par la transformation de son sujet, à l’origine une simple académie d’homme nu, en scène dramatique.

1814, Ingres réalise La Grande Odalisque, un nu féminin vu de dos, pour répondre à une commande de Caroline Murat, épouse de Joachim Murat, roi de Naples.

1819, Dans Roger et Angélique (National Gallery, Londres), Ingres crée une nouvelle figure de nu féminin qu’il reprendra de loin en loin soit seule, soit en l’intégrant à un sujet historique ou littéraire, une femme nue debout.

Vers 1837-1840, Première version de l’Odalisque à l’esclave (Fogg Art Museum, Cambridge, Mass.), qu’Ingres reprendra un peu plus tard avec des variantes dans un deuxième tableau (Walters Art Gallery, Baltimore). Ingres y présente un nu féminin allongé, représenté de face, contrairement à La Grande Odalisque. Dans l’Odalisque à l’esclave, Ingres sacrifie une fois encore le rendu anatomique exact au profit de la forme pure : « Commencée dans un sentiment tranquille et simple, notre belle fille s’achève en lignes contournées et bizarre », écrira ainsi un critique.

1842, Ingres commence à travailler, au château de Dampierre, à deux grandes peintures murales commandées en 1839 par le duc de Luynes, qui a confié la restauration de sa demeure à l’architecte Félix Duban. L’une d’elles, L’Âge d’or, fait une large place aux nus masculin et féminin : « Un tas de beaux paresseux ! », écrira Ingres. Ingres abandonnera l’œuvre, encore inachevée, en 1849, mais en fera une réplique réduite en 1862 (Fogg Art Museum, Cambridge).

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Ingres, L’Âge d’Or (oeuvre inachevée)

1848, Ingres reprend, pour le terminer, un tableau commencé en 1808 à Rome, Vénus anadyomène (musée Condé, Chantilly). Le tableau, exposé en 1848 puis à nouveau en 1855, est très admiré.

1856, Ingres achève La Source (musée d’Orsay, Paris), commencée à Florence en 1820, et peut-être inspirée des nymphes sculptées par Jean Goujon à la Fontaine des Innocents à Paris. Le tableau, qui pour les contemporains évoque les statues antiques et, par une « ondulation serpentine d’une suavité extrême », « la jeunesse et la chasteté du nu de jeune fille », suscite l’enthousiasme.

1862, Le Bain turc (musée du Louvre) synthétise toutes les recherches d’Ingres autour du nu féminin, poursuivies pendant un demi-siècle, depuis son séjour en Italie.

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Ingres, Le bain turc – 1862

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La Grande Odalisque

Commandée par la reine de Naples Caroline Murat, en pendant à une Dormeuse (aujourd’hui disparue), La Grande Odalisque (musée du Louvre) fut envoyée à Paris par Ingres (1780-1867), resté en Italie, pour être exposée au Salon de 1819. Le tableau surprit notamment par le traitement incorrect de l’anatomie, Ingres ayant préféré allonger le dos contre toute vraisemblance, afin de mieux en souligner la courbure. L’orientalisme, de pure convention (l’artiste ne se rendit jamais en Turquie ni en Afrique du Nord, et il s’inspira de récits de voyage ou de gravures contemporaines pour ses tableaux de harems), ne suscita pas beaucoup l’intérêt de la critique et du public. Il en ira de même lorsque la toile sera à nouveau exposée publiquement en 1846 et en 1855. Ingres, de par sa formation académique, était porté à peindre et à dessiner le nu avec exactitude (il fit d’ailleurs de très nombreuses études préparatoires de nus pour la plupart de ses tableaux, y compris les portraits). Mais dans ces nus, il se consacrait davantage à des recherches purement formelles, souvent incomprises de ses contemporains, sans se soucier du rendu réaliste d’une anatomie. Toute sa vie, Ingres fera de nombreuses reprises et les réinterprétations d’une même figure (au moins six tableaux pour La Grande Odalisque).

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