Luis Cernuda, Un fleuve, un amour

Malheur

Un jour il comprit que ses bras n’étaient
Faits que de nuages ;
Impossible avec des nuages d’étreindre à fond
Un corps, une chance.

La chance est ronde et compte lentement
Des étoiles d’été.
Font défaut des bras sûrs comme le vent,
Et comme la mer un baiser.

Mais lui avec ses lèvres,
Avec ses lèvres il ne sait dire que des mots ;
Mots au plafond,
Mots au plancher,
Et ses bras sont des nuages qui font de la vie
Un air navigable.

Luis Cernuda, Un fleuve, un amour,
© Fata Morgana, 1985
Traduction Jacques Ancet

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