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Kees Van Dongen – 1877/1968

Kees van Dongen est né à Delfshaven, puis a vécu en périphérie, situé aujourd’hui dans arrondissement de Rotterdam. En 1892, à 16 ans, il commence ses études à l’Académie Royale des beaux arts de Rotterdam. Au cours de cette période de 1892 à 1897, Van Dongen fréquente la région de Red Quarter seaport, où dessine des scènes de prostituées et de marins.

 

En 1897, Van Dongen vit à Paris depuis quelques mois. En décembre 1899, il revient à Paris pour rejoindre Augusta Preitinger « Guus », qu’il avait rencontrée à l’Académie. Ils se sont mariés le 11 juillet 1901 (ils ont divorcé en 1921). Van Dongen commence à exposer à Paris, y compris la controversée exposition de 1905 au Salon d’automne. Durant ces années, Van Dongen faisait partie d’une vague de peintres d’avant-garde avec Maurice de Vlaminck, Othon Friesz, Henri Rousseau, Albert Marquet, Robert Delaunay, Edouard Vuillard, qui incarnait l’espoir d’un renouvellement dans la peinture coincée dans le néo-impressionnisme.

En plus de vendre ses tableaux, Van Dongen a également trouvé un revenu en vendant des dessins satiriques au journal « Revue Blanche » ainsi qu’avec l’organisation très réussie du bal costumé à Montparnasse pour empocher un revenu d’appoint.

Sous l’influence de Jasmy Jacob, entre autres, Kees van Dongen à développé les couleurs riches de son style fauviste. Ce lui a valu une solide réputation auprès de la bourgeoisie française et comme résultat un mode de vie viable. En tant que portraitiste à la mode ses sujets inclus Arletty, Léopold III de Belgique, Sacha Guitry, Louis Barthou, Maurice Chevalier et Anna de Noailles. Avec un cynisme ludique, Van Dongen se fait remarquer en tant que portraitiste des femmes de la haute société; « L’essentiel est d’allonger les femmes et surtout à les rendre minces. Après cela, il ne reste plus qu’à agrandir leurs bijoux. Elles sont ravies. »

Kees Van Dongen, Symphonie en bleu, 1920

En 1926, Van Dongen a été décoré de la Légion d’honneur et en 1927 de l’Ordre de la Couronne de Belgique. En 1929, >Van Dongen a reçu la nationalité française et deux de ses œuvres ont été admises au Musée du Luxembourg. L’attrait social et commercial de ses travaux arriva plus tard, y compris un portrait de Brigitte Bardot en 1959 avec petite robe noire, cheveux ébouriffés et bouche succulente. Tout cela ne correspond pas à la promesse artistique ou l’érotisme bohème de ses premières années. Kees van Dongen est décédé en son domicile à Monte Carlo en 1968.

Source 

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Parmi les peintres du groupe fauve, un certain nombre d’artistes font figure d’isolés. Le plus intéressant d’entre eux est le Hollandais Van Dongen, par l’ampleur de son œuvre et par sa personnalité.

Né près de Rotterdam, Van Dongen arrive à Paris en 1897. Sans ressources, il va exercer divers métiers avant de s’installer à Montmartre au Bateau-Lavoir. Le marchand Vollard lui organise en 1904 une exposition personnelle et, l’année suivante, il expose au Salon d’automne avec les fauves.

Van Dongen avait appris à remplacer le trait dessiné par le trait coloré, selon la technique de Toulouse-Lautrec, et Van Gogh lui avait suggéré la valeur émotionnelle de la couleur. Fauve avant la lettre, le peintre néerlandais avait exécuté en 1902 un remarquable Portrait de la Goulue qui précède de quelques années les œuvres de Vlaminck et de Derain, où la couleur pure remplace la structure dessinée.

Au Salon de 1905, il expose deux toiles très marquées par une volonté chromatique et, dès ce moment, le peintre s’exprime dans un langage libéré de toute contrainte (Autoportrait, 1905, coll. Van Dongen, Monaco ; Le Clown, 1905, coll. part., Paris ; Boxing Exhibition, 1905). Parmi les fauves, le peintre apparaît comme un des meilleurs coloristes, à la fois vigoureux et raffiné. Il allie les vermillons aux verts acides dans une recherche savante de rapports nouveaux. Après quelques essais de paysages, dont les plus réussis sont les marines, Van Dongen devient le portraitiste du Tout-Paris. Il ne fait alors qu’édulcorer ses procédés et sa technique (La Femme au chapeau noir, 1908, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg). À la violence fauve succède un effet chromatique plus contenu, dirigé et utilisé pour d’agréables notations naturalistes (Le Promenoir des Folies-Bergères, 1907, coll. Van Dongen, Monaco).

Kees Van Dongen, Femme en bleu au collier rouge, 1907

À partir de 1912, Van Dongen évolue et renonce aux grands aplats de couleur pure pour revenir à des mélanges de tons qui lui permettent d’obtenir des effets plus précieux mais qui demeurent vigoureux. Portraitiste mondain très sollicité, il va créer un type de femme aux yeux fortement soulignés, aux poses, aux parures et aux bijoux provocants (Madame Jasmy Alvin, 1925, coll. part.) ; parmi les innombrables portraits qu’il a donnés du Tout-Paris intellectuel, artistique ou politique, celui d’Anatole France reste l’un des plus remarquables.

Incontestablement doué comme coloriste, Van Dongen restera enfermé jusqu’à sa mort dans les limites idéologiques et formelles d’une peinture agréable et désinvolte pour laquelle il sacrifia les fascinantes outrances de son talent.

Source, Charles Sala

Ici, un autre billet sur l’artiste et… Brigitte Bardot

Kees Van Dongen, Autoportrait en bleu, 1895