Franz Marc, 1880-1916

Né à Munich, Marc a grandi dans un milieu d’artistes, car sa famille comptait déjà deux générations de peintres. En 1900, il entre à l’Académie des beaux-arts de Munich et, quelques années plus tard, il tente des expériences impressionnistes et symbolistes. Vers 1912, il exécute des œuvres encore figuratives, en essayant toutefois de se détacher de la tridimensionnalité grâce à une gamme chromatique particulièrement intense.

 

 

Franz Marc, Les Chevaux jaunes, 1912

Les Chevaux jaunes (1912, coll. part., Berlin) soulignent, d’une part, l’existence d’une recherche décorative et, d’autre part, une valeur particulière accordée au contraste de couleurs pures. Les formes des animaux sont traitées comme un paysage et, d’ailleurs, elles épousent les contours des lointains. La composition révèle également un sentiment panthéiste de la nature, ultime refuge pour l’homme qui vit tragiquement sa destinée sociale. Nous pouvons mesurer le chemin parcouru par l’artiste en comparant cette toile à un autre tableau, Les Trois Chevaux (1911, coll. part., États-Unis), qui le précède d’une seule année, mais qui présente des aspects beaucoup plus conventionnels : progressivement, au cours des années 1911 et 1912, l’homme disparaît de l’iconographie du peintre et le monde animal, substitut symbolique riche en implications psychanalytiques, prend le pas sur les formes humaines. Dans ces mêmes années, l’artiste participe activement aux travaux du Blaue Reiter et de la Neue Künstlervereinigung (la N.K.V., nouvelle fédération d’artistes). L’identification du peintre au monde animal s’accentue dans des œuvres telles que Chevreuils dans le bois (1913, musée de Karlsruhe), tableau bâti selon le système d’interpénétration de lignes-forces utilisé par les futuristes italiens.

Franz Marc, Chevreuils dans le bois, 1913

(Source – Charles Sala)

Arrivé à la peinture après des études de théologie et de philologie, Marc étudie à Munich, se lie avec le peintre animalier Niestlé, dont l’influence est en accord avec son amour des animaux. Ceux-ci, il les sculpte, les peint, les traitant tour à tour selon les formules du Jugendstil, de l’impressionnisme connu à Paris en 1903, du néo-impressionnisme découvert, en 1906, lors d’un second voyage. L’exemple de Van Gogh et de Gauguin, celui de l’œuvre de Kandinsky l’amènent progressivement à la conquête de sa première manière originale (Chevaux rouges – Chevaux bleus, 1911).

Franz Marc, Chevaux rouges, 1911

Son naturisme puissant s’exprime à travers un schéma fondé sur la courbe, avant qu’il ne parvienne à la pleine possession de ses moyens ; il s’appuie sur l’expérience cubiste, sur l’orphisme de Delaunay, et sur le futurisme. Dès lors, une construction fortement accusée, rythmée par les lignes-forces futuristes, un chromatisme violent mais aussi une matière transparente dans l’éclat de la lumière affirment la maîtrise d’un tempérament généreux. La guerre des Balkans (1912-1913) et le pressentiment de la Première Guerre mondiale marquent de leur atmosphère d’angoisse une œuvre où se révèle la joie d’une plénitude artistique atteinte. Parvenu à la peinture inobjective en 1914, Marc n’a jamais entièrement abandonné la figuration. Dans son carnet d’esquisses du front, dix seulement sur trente-cinq sont abstraites. Sa mort prématurée à Verdun, le 5 mars 1916, ne peut laisser prévoir s’il aurait, comme Klee, gardé les deux modes d’expression.

Source

ACCUEILlogo-facebook-1