Résidence de la Porte Verte

<—— Tiens, va falloir que j’enquête pour savoir si parmi les pensionnaires il y a un St’Do. Y’a bien des Mac’Do, non ?

Ici, le 7 mars 2018

Eh bien oui, ma chère Constance, j’ai fait la connaissance de Monsieur St’Do ! Il se la joue discret : en vrai il s’appelle Monsieur St’Dodo, mais il a entendu parler d’un mémorable Dodocide, qui a exterminé tous ses ancêtres, sauf deux, qui sont morts en couche. Il m’a dit qu’à l’état civil, l’employé a refusé d’ajouter un « n » à son patronyme. Monsieur St’Lichard a accepté qu’il retire un « do ». C’est vrai qu’il n’est pas mélomane, Monsieur St’Lichard : t’entendrais les canards quand il chante sa prière du soir !

Monsieur St’Do n’est pas Irlandais, mais Belge. De Moustier-en-Fagne, exactement. Il était renoueur avant de venir à la résidence. Il avait de grands pouvoirs pour la guérison des maux de dos, tours de reins et autres lumbagos. Comme mon voyage dans le fourgon noir m’avait un peu fait cliqueter les côtelettes, je lui ai quémandé service. Tu sais pas ce qu’il m’a demandé de faire ? Tu ne me croiras jamais ! Il m’a dit de frotter mon dos contre son ventre ! Il faut dire qu’il a une berdouille bien replète et que, ma foi, ça m’a changé délicieusement du sac d’os de feu ton père – Paix à son âme – d’ailleurs c’est pour ça qu’on dormait le plus souvent à l’Hôtel du Cul Retourné.
Mais ça s’est un peu compliqué entre Monsieur St’Do et moi quand il m’a susurré qu’en son temps, il se faisait fort de soigner les femmes en mal d’enfants et que si je voulais…. Il n’avait pas achevé sa proposition malhonnête qu’une furie est entrée dans la pièce ! Elle voulait m’arracher les yeux, la bougresse ! Heureusement que Monsieur St’Lichard est intervenu pour la désénerver : « Allons, allons, Madame Ste’Renelde, calmez-vous, calmez-vous voyons ! «, lui disait-il en la tenant fermement entre ses ailes de gypaète épilé.
Et pendant ce temps, tiens-toi bien, ma chère Constance, Monsieur St’Do engloutissait… un sandwich. Une espèce de griche ronde à plusieurs étages, avec de la viande au milieu, des oignons, du fromage et de la salade. Elle dégoulinait de sauce tomate…de sauce tomate qui dégouttelait sur le menton de Monsieur St’Do et venait se répandre sur sa panse gidouillarde.

Bon. En tout cas, je n’ai plus mal au dos et grâce à Madame Ste’Renelde, tu n’auras pas de frère ou de sœur. Et ça, je savais que ça allait te faire plaisir !

Sinon, je continue à explorer la Résidence et à rencontrer ses pensionnaires et tu peux me croire, je m’amuse beaucoup. Ce soir Madame Ste’Patenôte m’a invitée à venir faire une partie de Monogamy avec son amie Madame Ste’Glougourde.

Promis, je te raconte demain.

Ta Maman Louisette
(Il paraît que je n’ai pas encore de droit de mettre « Ste’ » devant mon prénom ; je ne sais pas pourquoi).

(à suivre ——>)

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03 MARS AGENDA IRONIQUE

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13 commentaires

  1. On n’arrête pas ce duo « mère/fille » même d’aussi loin qu’il se trouve.
    Une ste Ré-Renelde de ma connaissance m’a parlé d’un st Do-do de la sienne (de connaissance) (c’est idiot de le préciser mais je me suis dit que ce serait plus facilement compréhendible de le préciser pour le rendre plus accessihandable par l’ensemble des précisions idiotes que je peux venir préciser parfois entre les guillemets pour que la clarté soit diffuse de manière audible par cet ensemble), considéré comme le pintadeau le plus clephto-starmaniaque de sa génération, et qui disait de lui que le st Do-do est la plus belle conquête de l’Homme et s’il n’en restait qu’un il serait celui-là.
    La suite, la suite !!!

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as tout à fait raison, ma Bougonne, je paraphe ton texte sans hésitation. J’étais partie vent debout dans la narratitude du relationnel mère/fille après que la bougresse se soit débarrassée de sa vieille mère et l’ait installée en toute confortablitude chez la Résidence de la Porte Verte. Et puis voilà… c’est pas que je suis en panne d’inspiration, c’est que je suis en panne de temps. Allez, je vais essayer de trouver le trou de la serrure de la porte verte et d’y glisser un nouvel œil…

      Aimé par 1 personne

  2. Ma propre mère a passé les deux dernières années de sa vie dans une maison de « repos », entourée de pensionnaires comme elle déconnectés du monde.
    Votre texte fait remonter des souvenirs, et m’aide à digérer d’un sourire cette triste période.
    Merci pour ce grain de folie … pas si folle que ça.

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