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Paul Signac, autoportrait, 1890

Peintre français, né à Paris, le 11 novembre 1888. Débutant sous l’influence de Monet, Paul Signac est, en 1884, à l’âge de vingt et un ans, parmi les fondateurs de la Société des artistes indépendants, où il connaît Georges Seurat. C’est en étroite collaboration avec ce dernier que Signac va jeter les bases théoriques du néo-impressionnisme, mouvement charnière qui relie les tendances les plus avancées du XIXe siècle à l’art du XXe. Signac est la force motrice du groupe et, après la mort de Seurat en 1891, il assure l’importante charge de poursuivre l’expérience du mouvement. On lui doit en particulier un ouvrage capital, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme (1889), qui expose les conceptions du groupe et contient des passages d’une extrême rigueur. Il écrivit également Le Sujet en peinture ainsi qu’un Journal, précieux par les témoignages qu’il rapporte. Dans les années 1908-1927, le peintre, qui avait déjà exécuté une œuvre considérable, continue à participer aux activités de la Société des indépendants et à s’intéresser à tous les courants novateurs en matière d’art. Il est en particulier l’un des premiers à acheter des tableaux de Matisse.

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Paul Signac, Place des Lices

Les premières toiles de l’artiste sont placées sous le signe de l’impressionnisme : Port-en-Bessin, l’avant-port (1882-1883, coll. part.) ; Nature morte, livre et violette (1883, coll. part.), et présentent des formes presque transparentes, éclairées par une lumière diffuse. Quelques passages sont déjà réalisés selon le procédé du mélange optique. Peu de temps après, un changement considérable se manifeste : dans le tableau intitulé Le Grand-Père Signac (1884, coll. part.), la division de l’espace et de la surface obéit à des règles plus strictes, les touches sont plus séparées, plus régulières ; un réseau formel, d’une rigueur remarquable, enferme tous les signes picturaux. L’aboutissement de cette évolution sera la toile intitulée Le Petit Déjeuner (1887, Rijksmuseum Kröller-Müller, Otterlo) qui, malgré le sujet encore descriptif, se situe dans une optique parfaitement néo-impressionniste (touche divisée, mélange optique, rendu coloré des ombres). Quelques années plus tard, Signac appliquera cette technique à une série de paysages où l’espace, privé de ses qualités tridimensionnelles, s’efface derrière une grille formelle éclatante et sans bavures. L’artiste frôle alors l’abstraction : Vue de Collioure (1887, coll. part.) ; Barques au soleil (1891, coll. part.).

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Paul Signac, Port en Bessin

Après les premières années du XXe siècle, Signac, tout en conservant dans ses œuvres une structure spatiale nette et rigoureusement délimitée, peint à l’aide de touches moins serrées et systématiques. Il introduit dans ses œuvres des modulations tonales plus nuancées : La Voile jaune à Venise (1904, coll. part.). Le Canal Saint-Martin (1933, coll. part.), une des dernières toiles du peintre, témoigne de sa fidélité aux « harmonies des lignes et des couleurs » qu’il avait bâties pendant toute sa vie en échafaudant un mélange savant de signes plastiques, exprimé par un procédé d’une rigueur irréprochable.

Source

Il meurt en 1935, à l’âge de 71 ans, d’une longue maladie. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

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