Mes chers étudiants, puisqu’on a besoin de moi…

Alors que je m’égobergeais langoureusement sur le sein de ma retraite de scientifique unanimement et mondialement reconnu par ma seule assistante Mademoiselle Dithyrambe, j’ai oui une voix. Oui, une voix… que dis-je ! La pelle au secours à toutes jambes de l’une de mes consœurs belges préférée. Elle s’affirme empêtrée dans une histoire sans queue de sirène, ni tête de chien sculptée sur un pommeau de parapluie ! Elle ajoute même qu’elle se fend la pipe en attendant ma réponse. Je vous communique in extenso une partie du contenu de sa lettre : « Nom d’une pipe en boîte, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes ».

Je viens de vous l’écrire, mes chers étudiants, la pipe, les parapluies, les sirènes… c’est clair comme une vache à eau mamellifère. J’espère qu’aucun d’entre vous n’a oublié ma coruscante conférence sur l’essentielle « différence entre les mamellifères non mellifères (vous ne me feriez pas l’injure de confondre une vache avec une abeille) et les lamellifères ».

Mais la boîte ? Pourquoi la boîte ? Quelle boîte ? Quelles dimensions de boîte ? Quelle nuance de boîte ? Grey ou pas grey, la boîte ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité qu’elle revêt en ce moment hiémal – comme disent mes chers et polymathes confrères espagnols quand ils coincent le pommeau de leur parapluie dans la porte de l’ascenseur –  une importance aussi majusculeusement capitale que le pandémonium de l’amphithéâtre dans lequel vous ergotez quotidiennement. Je me permets une parenthèse inadvertante à propos de la polymathie des ibériques : elle a été prouvée par Abraham bar Hiyya Hanassi dit Savasorda – ça dépend des jours, des fois ça va, des fois ça va pas, répondait Sorda –, aussi prééminent que le Pico del Teide, chanté à tue-tête et nuit et jour par des canaris hispanisants.

Alors, la boîte ? Avant que de la fermer, je vais m’attacher au mât du navire pour résister aux chants de six reines du plat pays de ma consœur belge où même les canaux se perdent : Louise d’Orléans, Marie-Henriette d’Autriche, Élisabeth en Bavière, Astrid de Suède, Fabiola de Mora y Aragón, Paola Ruffo di Calabria. Ai-je besoin de vous faire remarquer qu’aucune, de naissance, ne s’appelle « à tarte », « à neige », « à asperges », « à poussière » ?  C’est comme les boîtes, les pelles ! Parfois même elles s’accordent pour nous faire des misères ! Ne se prend-on pas parfois une boîte – et pas toujours de nuit –  quand on est rond comme une queue de pelle ?

Revenons à nos moutons… Et partons de l’hypothèse tout à fait certaine que l’haleine des moutons est capiteuse. Parce que, dites-moi, il se serait auto-asphyxié le mouton de l’aviateur, non, enfermé dans sa boîte ? Admirez ma démonstration : il n’est pas que pipes qu’on peut mettre en boîte ! Je sais même qu’on peut y ranger des crayons ! Si si ! J’en ai vu qui avaient des narines à l’intérieur d’une boîte ! Les crayons, pas la boîte, ne soyez donc pas jocrisses ! Pfff ! Une boîte avec des narines, a-t-on jamais connu ça ! Mais des crayons, si ! Allez donc voir ici !

Oui, on peut mettre toutes sortes de choses dans une boîte : des cotillons et des flonflons, des gamelles et des bidons, des souris et des hommes, des racines et des ailes, des chiffres et des lettres…

Mais la boîte…

avec ou sans

chapeau pointu

turlututu ?

Professeur Taurus,
repris de justesse par le goût de la conférence,

le 03 décembre 2017.

agenda-ironique-nov-2017

 

Épistole déposée ce jour dans la bo[i*î]te à missives de Mesdames Anne de Louvain-la-Neuve et Narines des Crayons, fond[é*u]es du pouvoir d’organiser l’Agenda Ironique de ce mois.

 

 

 

 

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12 commentaires

  1. J’ai bien une pelle à sable, un râteau et un seau mais j’abandonne et reste at home. Dans les boites j’y mettrai des gâteaux, des chocolats et l’haleine capiteuse des moutons pour faire des pulls bien chauds pour ceux que j’aime. Léon y met souvent des lunettes, 2 paires bien souvent 😉

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  2. Très cher professeur Tau-rus, Tau-rus, Tau-rus. Que n’avais-je crié haut et fort pluto, heu, plus tôt. Le monde scientifique est en deuil sans vous et sans votre oreille et votre œil (surtout le gauche) toujours aux aguets de la quintessence polymorphe des corps terrestres et célestes tout à la fois, dont la boite, cet objet anaplasique surtout vu des moutons comme vous le faites si bien remarquer, l’eussions-nous oublié. Quant à son contenu polysémique autant que polyglotte, votre analyse le souligne subtilement, il représente à l’envi le symbolisme de l’appel à neige et non à tarte, vous en conviendrez, qui est de loin le plus court. Bien à vous. Avec ma reconnaissance éternelle, votre dévoué fan de la première heure.

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  3. Voila une conférence à laquelle on ne s’ennuie pas une seule seconde!
    J’aime particulièrement la démarche scientifique rationnelle au milieu du grand Bal de l’idée comme elle vient et du mot comme il joue!
    Mes narines sont toutes retournées d’avoir été citées par le grand professeur ( j’sais pas trop ce que ça donne une narine la tete en bas).
    Enfin donc, Bravo merci hahahaha, encore encore bis bis bis!!!

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  4. Rah, mais c’est un festival, un avent sans apprêt ! Rêvons que ça ne s’arrête jamais, aussi vrai qu’il y a parait-il cinquante nuances d’earl grey.
    vive le faux prêcheur, j’veux dire le professeur !
    Tau-rus, Tau-rus, Tau-rus ! crie la foule (anonyme, peut-être, unanime, certainement) !

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