Incipi’Turbulent #14

Que vous inspirent les premières phrases du roman de Emmanuel Venet, « Précis de médecine imaginaire » ?

capture2bde28099ecc81cran2b2015-03-022bacc802b14-13-13Vous avez jusqu’à dimanche 19 novembre, 20 heures pétantes, pour proposer vos contributions.
J’insiste sur l’obligation d’écrire « court » (pas plus de 5 phrases formées de ± 100 mots).

* D’ailleurs, je vous demande d’indiquer dans votre message le nombre de mots de votre texte (oui, c’est nouveau et j’ai ajouté cette contrainte d’écriture dans la règle du jeu que vous pouvez lire ici).

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Julien Hirt/Le FictiologueValentine/La Jument VerteLydia/Mes promenades culturelles,  LaurenceSyl/Thés, Lectures et Macarons, Kathel/Lettres Exprès, Carnet Paresseux, Cléa Cassia/M.É.A.N.D.R.E.S. Laurence Délis/Palettes d’expression 

 

À vos plumes (ou, pour les plus geek d’entre nous, à vos claviers), il reste encore deux jours ! Voici l’incipit :

Ma mère aimait beaucoup bavarder avec celle de mon ami Bonnardier, malgré leurs quinze ans d’écart. Toutes deux partageaient une même passion pour les maladies, surtout les maladies mortelles. Ma mère souffrait d’arthrite, celle de Bonnardier d’arthrose. Quand elles se rencontraient au marché de Monplaisir, elles n’en finissaient pas de se raconter leurs martyres respectifs et se livraient à un âpre concours de symptômes. Du côté de ma mère, les fulgurances dans les doigts, du côté Bonnardier les hanches broyées le soir. L’échange se terminait toujours sur un hypocrite constat d’égalité, chacune emportant au fond d’elle la certitude d’avoir gagné la manche.

Emmanuel Venet, « Précis de médecine imaginaire »

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20 commentaires

  1. J’ai bien cru ne pas avoir le temps… et puis, zut, le repas attendra ! 🙂
    Et hop ! 91 pour moi 🙂
    Il ne fallait pas croire qu’elles en restaient là. Chacune de leur côté elles continuaient de longs monologues sur les désagréments souffreteux dont elles seules connaissaient les détails sordides. Un jour, par curiosité, j’avais suivi Madame Bonnardier qui s’en revenait du marché, accompagnée de ses mille symptômes qu’elle enrobait de détails, marmonnant ses douleurs comme une chanson d’amour, — ô fidèles souffrances ! —, dont les maux scandaient le rythme de ses pas et j’avoue ne pas avoir su choisir entre la loquacité entendue par Madame Bonnardier et celle de ma mère.

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  2. Pourtant, le jour où Bonnardier a eu la varicelle et que j’ai choppé la rougeole presque en même temps, ça les a pas trop fait rires, nos mères, qu’on se mette à comparer nos symptômes. Même qu’on pouvait pas trop s’approcher, la faute à la contagion, alors on se criait à travers la cour : « moi, ça me gratte ! », « moi, j’ai encore vomi ! ». Bien sûr, quand la fièvre m’a cloué au lit et qu’elle a manqué de m’emporter, maman ne riait plus du tout. Mais j’avais gagné, non ?

    [95 mots]

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      1. Oui j’ai vu ! Un enchainement complètement invisible 😀

        Ca ne doit pas être facile pour toi qui connais la suite des livres… Mais il n’y a pas de raison que tu ne participes pas à cette joyeuse production 😉

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  3. bon, dans les temps et dans le format, et sans même un calembour ou la moindre anadiploz, et en octante-et-dix-huit mots.

    Un beau jour, la vendeuse de quatre saisons qui les écoutait pérorer devant son éventaire depuis une demie heure [et cela deux jours par semaine qu’il pleuve neige ou vente] proposa à ma mère un remède fait d’épinard et de cerfeuil. D’abord outrées – qui osait se mêler de leur conciliabule ? – la Bonnardier et ma mère furent bientôt ravies : maman, qu’on prit publiquement en considération son haut-mal, serait-ce à l’aide de remède pastoraux ; la mère de mon ami, que l’arthrite de son interlocutrice, même via un soin végétal, se dégonfle au format d’une maladie bénigne.

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  4. Tout d’abord, j’approuve le changement de look et la facilité de navigation !
    Merci aussi pour le nouvel incipit découvert, et voici mes quelques lignes (59 mots)

    Ma mère se dirigeait ensuite à petits pas vers la pharmacie, chez le marchand de fruits et légumes, ou vers la petite herboristerie à la façade bleue qui jouxtait l’église du quartier. Elle entamait régulièrement des traitements aussi nouveaux qu’inoffensifs, des cures de curcuma indien en poudre, des cataplasmes d’argile verte ou des décoctions de sauge sauvage.

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  5. Ça me fait rire car j’en connais des comme ça ! Mon texte avec 69 mots (je crois), Bisous :
    C’est une fois arrivée dans sa cuisine que la joute reprenait dans un monologue. A chaque commission rangée, une affection de citée… 1 kilo de mandarine pour une cataracte, 1 sachets d’olives noires pour un début de tachycardie, 1 botte de poireaux pour un ongle incarné… Petits ou gros syndromes, l’énumération se déroulait comme un ticket de caisse. « Et avec ça, Madame, je vous mets quoi ? ».

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  6. Elles étaient les championnes du « tamalou ». Une confrérie désespérante qui prenait naissance à la soixantaine. Discussions oiseuses – sinon osseuses -. Je ne connaissais rien à ces maladies qui à deux lettres près me paraissaient proches mais il était hors de question d’en savoir un peu plus. Leurs conversations avaient le don de me donner la migraine. (56)

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  7. « Ma mère poussait le vice à changer de médecin lorsque celui-ci ne lui prescrivait rien. Elle devait bien en être au quatrième. Elle prenait soin de ne pas en parler à madame Bonnardier qui avait le sien depuis plus de vingt ans. » (42 mots)

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  8. Bonjour Martine
    Et voilà mes 80 mots

    Pour s’épater l’une l’autre, elles avaient commencé à apprendre le Vidal par coeur. Elles en étaient à la fin de la lettre A (le Vidal se mérite)
    ce qui leur permettait d’être incollables sur arthrose et arthrite.
    Un jour je les testais : réponses rapides et complètes sur actinomycose, avitaminose, et artériosclérose. Je les coinçais avec un anadiplose des familles . Leurs regards perdus et effarés cherchaient de vue leur Vidal! J’ai ri mais j’ai ri …

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  9. C’est ainsi: à mesure que l’esprit se renfrogne et que le corps se raidit, l’horizon de nos espérances se raccourcit au point de se limiter aux petits tracas de nos reins, de nos muscles, de nos ventres. Ainsi, pour ma mère comme pour tant d’autres, crises de foies et tours de reins deviennent autant d’objets de collection, sujets à toutes les attentions, bichonnés comme des chats en porcelaine.
    (68 mots)

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