Je cueille entre les fleurs leur ombre
et j’en fais un bouquet de silence
pour le vase de la table de chevet.
Puis je poserai ma tête
à côté du sommeil
en attendant qu’il me recouvre
de l’absence du monde.
Le temps enfermé dans l’horloge
tournera comme dans le manège
où j’ai oublié mon enfance
et ce qu’elle est devenue
tic après tac.
Le cadran de la lune est sans aiguilles.
On les aura retirées avant
qu’elles laissent du sang dans ma vie.

Jean-François Mathé, En passer par là
(source)

ACCUEILlogo-facebook-1