Philippe Jaccottet, Champ d’octobre

Champ d’octobre

La parfaite douceur est figurée au loin à la limite entre les montagnes et l’air :
distance, longue étincelle qui déchire, qui affine
Tout un jour les humbles voix
d’invisibles oiseaux
l’heure frappée dans l’herbe sur une feuille d’or
le ciel à mesure plus grand
Les chèvres dans l’herbage sont une libation de lait
Où est l’œil de la terre nul ne le sait
mais je connais les ombres qu’elle apaise
Dispersées, on voit mieux l’étendue de l’avenir
La terre tout entière visible
mesurable
pleine de temps
suspendue à une plume qui monte de plus en plus lumineuse
Pommes éparses
sur l’aire du pommier
Vite !
Que la peau s’empourpre
avant l’hiver !
Dans l’étendue
plus rien que des montagnes miroitantes
Plus rien que d’ardents regards qui se croisent
Merles et ramiers

Philippe Jaccottet

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2 commentaires

  1. Oui Marguerite, c’est à pas mesurés que Jaccottet s’éclipse avec « merles et ramiers » dans le sillage d’une langue qui s’effrite ……Dieu que fut grand ce siècle poétique !

    Aimé par 1 personne

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