Incipi’Turbulent, la compil’ : Alessandro Baricco, La jeune épouse

J’ai beaucoup aimé composer ce texte collectif : vos inspirations se sont accordées comme sur la partition d’une même fréquence poétique. Et elles jouent la même mélodie que celle de l’auteur.

— La jeune épouse – Alessandro Baricco —
Le début du roman
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Alessandro Baricco, La Jeune Épouse,Trad. de l’italien par Vincent Raynaud Collection Du monde entier, Gallimard Parution : 01-04-2016

Il y a trente-six marches à gravir. Elles sont en pierre et le vieillard les gravit lentement, avec circonspection, comme s’il les collectait une par une, avant de les pousser au premier étage : lui, berger, et elles, doux animaux. Modesto, tel est son nom. Il officie dans cette maison depuis cinquante-neuf ans, il en est donc le prêtre.

Parvenu sur la dernière marche, il s’arrête face au large couloir qui s’étend sous ses yeux sans surprise : à droite, les pièces fermées des Maîtres, cinq ; à gauche, sept fenêtres étouffées par des volets en bois laqué.

C’est l’aube, tout juste.

Il s’arrête, le vieillard, car il a son chiffre à mettre à jour : il note le nombre de matins où il a ouvert cette maison, toujours de la même manière. Il ajoute une unité, qui va se perdre parmi des milliers d’autres. C’est une somme vertigineuse, mais ça ne le perturbe pas : accomplir depuis toujours le même rituel matinal lui paraît cohérent avec son métier, respectueux de ses inclinations et symptomatique de son destin.

Après avoir caressé de la paume des mains le tissu repassé de son pantalon — sur les hanches, à la hauteur de cuisses —, il pousse la tête d’un rien en avant et se remet en marche. Il ignore les portes des Maîtres, mais une fois arrivé à la première fenêtre sur sa gauche, il s’arrête et ouvre les volets. Il le fait avec des gestes délicats et précis, qu’il répète à chaque fenêtre, sept. Et c’est seulement alors qu’il se tourne, pour évaluer la lumière du jour dont les faisceaux traversent les vitres : il en connaît chaque nuance possible et, d’après sa consistance, il peut savoir ce que sera la journée, parfois il peut même y lire de vagues promesses. Et comme tout le monde lui fera confiance — tout le monde —, l’opinion qu’il se forge est importante.

Soleil voilé, brise légère, décide-t-il. Voilà ce qui s’annonce.

Il parcourt alors le couloir en sens inverse, en s’intéressant cette fois au mur qu’il a auparavant ignoré. Il ouvre l’une après l’autre les portes des Maîtres, et signale à haute voix le début de la journée, d’une phrase qu’il répète à cinq reprises sans changer de timbre ni d’inflexion.

Bonjour. Soleil voilé, brise légère.

Enfin il disparaît.

Il n’existe plus, jusqu’au moment où il réapparaît, inchangé, dans la salle des petits-déjeuners.

C’est d’événements passés dont on préfère pour le moment taire les détails que vient l’habitude de ce réveil solennel, qui devient ensuite festif et prolongé. Il concerne la maison entière. Jamais avant l’aube, c’est une règle stricte. Ils attendent la lumière et le ballet de Modesto aux sept fenêtres. C’est seulement alors qu’ils considèrent que la condamnation au lit, la cécité du sommeil et la loterie des rêves sont derrière eux. Morts qu’ils étaient, la voix du vieillard les ramène à la vie.

…/…

— La jeune épouse — 
Vos participations réunies

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Il y a trente-six marches à gravir. Elles sont en pierre et le vieillard les gravit lentement, avec circonspection, comme s’il les collectait une par une, avant de les pousser au premier étage : lui, berger, et elles, doux animaux. Modesto, tel est son nom. Il officie dans cette maison depuis cinquante-neuf ans, il en est donc le prêtre.

Parvenu sur la dernière marche, il s’arrête face au large couloir qui s’étend sous ses yeux sans surprise : à droite, les pièces fermées des Maîtres, cinq ; à gauche, sept fenêtres étouffées par des volets en bois laqué.

C’est l’aube, tout juste.

Pleine de ses promesses et de ses possibilités. C’est l’aube, déjà, qui se lève sur cette journée si particulière. Les mêmes marches, le même couloir, et tout qui s’apprête à changer. Cinquante-neuf ans de prières retenues dans les murs, dans ces pierres, toute une vie d’émotions et de sentiments, mais aucun plus beau que ceux qu’il s’apprête à célébrer. Trente-six marches, cinquante neuf ans, cinq et sept fenêtres ; montant et comptant comme chaque dimanche, Modesto se demande s’il n’aurait pas dû remplir une grille de loteria. Et puis il se dit qu’à force, ça fait bien le trois millième dimanche qu’il se pose la question, et que s’il n’a toujours pas de réponse, à Dieu va[t] et que sa volonté soit faite ! Il faudra donc pour réparer l’église demander de l’argent au Maître. Encore faudrait-il le voir. Et puis oser.

Il prend le temps de reprendre son souffle, adossé au mur du couloir dont les fissures risquent à chaque instant de s’agrandir. En dépit de toutes ces années passées en ce lieu, il aime à voir et à sentir la pointe du jour sur son visage plissé, presque désenchanté. Il prend son temps pour ouvrir chaque fenêtre. Comme si c’était une première fois. Chaque jour le même cérémonial. Chaque jour Modesto a l’impression de mette le monde en marche. La lumière rasante du soleil illumine un instant son visage. Il pourrait le parcourir les yeux fermés [ce couloir] ; dix pas pour atteindre la première fenêtre, quinze pour la porte de la chambre jaune, ainsi jusqu’ au bout, tous ces pas qu’il accomplit chaque jour sans y penser. Peut-être, ainsi, a-t-il déjà fait le tour de la Terre, peut-être même plusieurs fois; qui sait ? Modesto se redresse, à peine, juste ce que lui permet son dos voûté par les ans, et il se dirige vers la plus proche des sept fenêtres. Il pousse sans bruit les volets épais, laissant entrer une lueur grisâtre. Il écoute un instant les premiers sons qui montent de la vaste cour, froissement d’herbes, pépiements d’oiseaux, souffle de vent printanier.

Et tout là-bas, au fond du couloir, la pièce, sa pièce. Toujours close et bien fermée de l’intérieur quand il y est, de l’extérieur quand il n’y est pas, son domaine, sa boite, son cachot ou son espace, son cagibi ou son terrain de jeu. Les maitres n’y ont pas accès (d’ailleurs, délimitée comme du côté des domestiques) et les autres n’y pénètrent pas. C’est là que débutent ses projets et là qu’ils se concrétisent. Personne ne sait, ne saura. A sa mort peut-être ? Si quelqu’un poussé par la curiosité défonce la porte et pénètre dans son antre. Et alors… ils sauront.

Il entre dans sa chambre. Une bonne odeur de cire flotte dans l’air. Il s’en réjouit. Vite : fermer chaque fenêtre, verrouiller chaque issue, clore chaque soupirail. La tranquillité des lieux est à ce prix, aussi Modesto, comme chaque jour, s’acquitte de cette tâche avec empressement. Déjà, quelque chose de froid s’insinue dans l’air, qui se charge de mouches et de mélancolie. Si l’on n’y prenait garde, les vents cruels feraient mourir toutes les chandelles.

Les incipitigraphes réunis : LaurenceKathel/Lettres expressJacou/Les mots autographesAndrea Couturet/Épaisseur sans consistanceLydia/Mes promenades culturelles, Carnets ParesseuxCléa Cassia/M.É.A.N.D.R.E.S.Anne de Louvain-la-NeuveJulien Hirt/Le Fictiologue.

— La jeune épouse – Alessandro Baricco — 
L’argumentaire

Italie, début du XXe siècle. Un beau jour, la Jeune Épouse fait son apparition devant la Famille. Elle a dix-huit ans et débarque d’Argentine car elle doit épouser le Fils. En attendant qu’il rentre d’Angleterre, elle est accueillie par la Famille. La Jeune Épouse vit alors une authentique initiation sexuelle : la Fille la séduit et fait son éducation, dûment complétée par la Mère, et le Père la conduit dans un bordel de luxe où elle écoutera un récit édifiant, qui lui dévoilera les mystères de cette famille aux rituels aussi sophistiqués qu’incompréhensibles. Mais le Fils ne revient toujours pas, il se contente d’expédier toutes sortes d’objets étranges, qui semblent d’abord annoncer son retour puis signifient au contraire sa disparition. Quand la Famille part en villégiature d’été, la Jeune Épouse décide de l’attendre seule, une attente qui sera pleine de surprises.

Avec délicatesse et virtuosité, l’auteur de Soie et de Novecento pianiste ne se contente pas de recréer un monde envoûtant, au bord de la chute, qui n’est pas sans rappeler celui que Tomasi di Lampedusa dépeint dans Le guépard. Il nous livre aussi, l’air de rien, une formidable réflexion sur le métier d’écrire.

— Alessandro Baricco —
Sa bibliographie
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Alessandro Baricco

Né en 1958 à Turin, A.Baricco vit à Rome avec son épouse et ses deux fils.

A 48 ans, ses romans ont déjà été traduits en 30 langues et l’écrivain a réussi le pari de réconcilier la culture et les médias.

Après des études de philosophie et de musique, il s’oriente vers le monde des médias devenant rédacteur publicitaire, journaliste et critique pour des magazines italiens. Il présente aussi des émissions sur la littérature et l’art lyrique à la télévision italienne et collabore à LA REPUBBLICA où il réalise Il Barbari en 2006.

A 33 ans, il publie son premier roman, Les Châteaux de la colère qui reçoit en France le Prix Médicis étranger en 1995. Il s’en est vendu près de 300 000 exemplaires ! Il dira que depuis l’âge de 30 ans, il n’a rien fait d’autre qu’écrire.

« J’ai tout écrit sauf de la narration. J’écrivais avec la même désinvolture des fantaisies sur les moteurs de bateaux, des élégies sur le champagne italien ou les discours des candidats à la députation ». Mais « je savais , j’avais toujours su que j’écrirai des histoires. »

Oceano Mare décroche le prestigieux prix Viareggio. Puis arrive en France le troisième texte de fiction de Baricco, Soie, une épure : « J’ai écrit ce livre pour moi. Il a passé les 300 000 exemplaires ! Le succès est une démesure, trop de pouvoir, trop de haine. On n’est plus jugé sur ce que l’on est, plus rien n’a de sens ».

Alors, il décide d’ouvrir une école. « Ecrire rend fou. Il fallait que je fasse quelque chose d’autre. Dans le contexte de la culture, aujourd’hui, ce qui compte c’est l’école. : celui qui sait quelque chose doit le faire savoir aux autres. »

C’est ainsi qu’en 1994, avec quelques amis, il fonde et dirige à Turin une école de narration, où les élèves ont entre 19 et 30 ans, la Scuola Holden, au 118 du corso Dante, au bord du Pô. Il s’agit bien d’une école de narration, pas d’écriture. « On étudie la pub, la voix des comédiens, les tableaux de Giotto, le sport. Le rythme, surtout.

On travaille la narration orale, on combat les limites de l’embarras physique. » Ensuite on peut s’essayer à écrire… Un succès pour la première promotion « On est bombardé par des stimuli qui nous forcent à remettre en question notre conscience d’écrire… »

 Et puis, l’homme-orchestre ajoute quelques cordes à son …piano. : en 1997 paraît en français Novecento pianiste, un monologue pour le théâtre, joué en France par le Théâtre de La Rive, en mars 2010.

Désireux de mêler ses textes à la musique, en 2001, il demande au groupe musical français Air, de composer une musique pour City, paru en 1999. Baricco, accompagné par les musiciens met lui-même en scène « City reading project» et lit ses textes en public.

Dans la traduction moderne de l’Iliade, il s’est lancé dans une lecture –marathon. Un gigantesque succès populaire ! Avec lui la littérature prend vie !

Il orchestre la mise en scène de Novecento qui devient « La légende du pianiste sur l’océan », film de Guiseppe Tornatore. « Du point de vue narratif, le geste du cinéma aujourd’hui, c’est comme le centre du monde, la forme privilégiée la plus puissante. »

Il produit son premier film « Lezione 21 » écrit et réalisé par lui., en 2008. Film sur la musique avec ,au centre, la Neuvième symphonie, sur un scénario original de son cru.

 Sin Sangre une métaphore d’un Chili qui n’en finit pas d’osciller entre guerre et paix, est adapté au théâtre-cinéma par la troupe Teatrocinema.

C’est François Girard qui a réalisé le film adapté de Soie . A. Baricco dit qu’il a « redécouvert les sources d’écriture…J’avais oublié le point de départ de Soie si peu cinématographique. Je voulais faire une histoire d’amour sans un mot. » Il se montre enchanté : « c’est un film intelligent, sensible, d’une très grande élégance. Ce que je n’aurais jamais pu faire moi-même. »

Invité par la MSHS en novembre 2008, pour l’exposition Culture de l’écriture, sur le thème : «Romanciers et l’ordinateur », il livre , en français, son sentiment sur le métier d’écrivain.

« C’est mon métier préféré … le plus proche de mon talent principal … Je vois la littérature comme un laboratoire … Ecrire, cela n’a jamais été un geste difficile pour moi, jamais : c’est une situation que j’adore ! C’est un peu dangereux du point de vue psychologique. On peut devenir fou … car on écrit dans la solitude …C’est pour cela que je fais d’autres choses … Je fais beaucoup de théâtre. C’est un travail collectif, très physique … C’est aussi proche de l’inspiration que tu as, quand tu écris des livres. »

La musique imprègne toute l’oeuvre du romancier .La présence musicale rythme le texte comme une partition « J’écris dans un style où la musique est très importante. Je n’ai pas de talent musical … j’ai mis la musique dans l’écriture Le personnage principal de Novecento pianiste, c’était un désir que j’avais d’être moi-même ».

Ainsi, changements de rythmes, lenteur et vélocité, narration multiforme, phrases inachevées, construisent l’œuvre de Baricco.

Il y a toujours une histoire d’amour chez lui et une belle sensualité….Absence de l’amour, attente de l’amour … exacerbé par le manque … « Dans le laboratoire de la littérature, on peut développer cette situation de l’absence de l’autre en créant une géographie de l’amour qui est cachée.»

Il y aussi des enfants souvent géniaux. A protéger … Le petit Novecento, Nina et Tito de Sin Sangre, Gould et Shatzy de City, Elisewin dans Océan Mer, Pehnt et Mormy dans les Châteaux de la colère, Ultimo de Cette Histoire-là …

Avec la guerre en toile de fond. Récurrente… la guerre comme révélateur dans Cette Histoire-là. « La guerre nous conduit au cœur de l’Histoire. Elle témoigne de la barbarie humaine. Mes personnages , eux, sont animés par un rêve, ils veulent construire quelque chose. Et la guerre, la barbarie met du désordre dans leurs projets : ça m’intéresse de voir comment, malgré tout, ils vont aller jusqu’au bout . »

Sin Sangre pointe les dérives de l’idéologie.

« -… on ne voulait pas en arriver là, nous, ce sont les autres qui ont commencé … Nous avons lutté pour faire ce qui était juste .

-En tirant sur des enfants ?

-Oui, si c’était nécessaire …ça ne faisait plus de différence que ce soit des vieux ou des enfants … »

Pourtant … malgré l’horreur, l’amour ne meurt pas, la vie bat.

« Après les tueries , les gens continuent de se marier, de faire des enfants, … à assumer les devoirs de la vie quotidienne ; ça demande beaucoup de courage, avec une puissance , une beauté que j’admire … Il faut garder la beauté dans le cœur des hommes.

 Quand il a retraduit l’Iliade, d’où les dieux sont absents, ce qui revient en boucle , dans les propos de Baricco, c’est l’opposition entre les jeunes et les vieux : « la guerre est une obsession des vieux qui envoient les jeunes la faire. »

Car l’Iliade est une apologie de la guerre. Mais, en relisant l’épopée, il découvre qu’« Une des choses surprenantes de l’Iliade, c’est la force, la compassion même, avec laquelle sont rapportées les raisons des vaincus. L’histoire y est écrite par les vainqueurs, et pourtant, dans la mémoire, restent aussi, et peut-être surtout, les figures humaines des Troyens … Ce sont souvent les femmes qui énoncent, de façon directe, le désir de paix … »

Optimiste, A. Barrico ? En tout cas, philosophe et humaniste, il ne cesse de nous interpeller. Mais c’est d’abord un poète, qui dans Océan Mer, chante la mer en images saisissantes.

Dans son œuvre déroutante, onirique, parfois violente et cruelle, le romancier à la fantaisie débridée, brosse des personnages tantôt burlesques, étonnants, pathétiques, attendrissants, tantôt inquiétants, fantasmagoriques … Il raconte dans un style aux multiples facettes, la quête de chacun du côté de la vie.

On sourit, on s’émeut, on philosophe,, dans un monde romanesque, parfois hors du temps et de l’espace, à la limite du réel et de l’imaginaire …

A.Baricco manie la langue en magicien, jouant de tous les styles et compose ses textes comme une partition. Il nous invite à accompagner ses héros dans leur quête singulière … Au bord de la vie, obstinés à poursuivre leur rêve, pour en vivre. Ou … jusqu’à … en mourir.

… « l’unique, la plus douce protection contre toutes les peurs, c’est celle-là – un livre qui commence. Qui peut comprendre quelque chose à la douceur, s’il n’a jamais penché sa vie, sa vie toute entière, sur la première page d’un livre ? »

Source

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À demain pour un nouvel Incipi’Turbulent !

La règle du jeu est ici.

 

 


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7 réflexions sur “Incipi’Turbulent, la compil’ : Alessandro Baricco, La jeune épouse

  1. Mmm, j’avais bêtement pris « officie » au sens littéral et donc avec le titre du livre je suis partie sur l’organisation d’une cérémonie… un peu à côté de la plaque^^
    Mais ce fut encore une participation très intéressante !

    Aimé par 1 personne

  2. Qu’est-ce que c’est chouette ! Je me demandais bien quel tour cela allait prendre ayant lu le roman. Mais ici, tout reste dans un temps suspendu et tout fonctionne à merveille, tous ces mots des un(e)s et des autres et grâce à toi, tout se tenant par le petit bout de ce couloir. On s’est bien amusé !

    Aimé par 4 people

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