Puzzl’Ar’Turbulent : Vincent Van Gogh

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Vincent Van Gogh, Autoportrait, 1889

Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853 à Groot Zundert, dans le Brabant, où son père Théodore exerçait la fonction de pasteur. Sa mère, Anna Cornelia Carbentus, était la fille d’un relieur de la cour. Aîné de six enfants – mais précédé par un autre garçon, prénommé lui aussi Vincent, qui ne vécut pas –, doué d’un tempérament de « rêveur », Van Gogh semble avoir connu, dans ce milieu digne et religieux, une jeunesse des plus moroses et souffert très tôt de graves problèmes d’identité : « Non seulement, rapporte sa sœur Elisabeth, ses proches étaient pour lui des étrangers, mais il était encore étranger à lui-même. » À seize ans, il doit par nécessité matérielle se mettre à travailler : grâce à l’un de ses oncles, il obtient d’abord un emploi de vendeur dans une galerie d’art de La Haye, propriété de la célèbre firme parisienne Goupil. Transféré à Bruxelles, puis à Londres, où il subit un premier échec amoureux, enfin à Paris, où il découvre le Louvre, l’œuvre de Corot et celui de Millet, il se désintéresse peu à peu de son travail, et, de retour en Angleterre en 1876, remet sa démission. C’est alors que, saisi par une sorte de fièvre humanitaire et mystique, il entame la phase la plus douloureuse de son existence : répétiteur dans une institution pauvre de Ramsgate, puis maître d’école et aide-prédicateur dans un faubourg de Londres, il est confronté à la misère et envisage alors de devenir pasteur. Après s’être essayé en vain aux études théologiques à Amsterdam (1877), il effectue un stage infructueux à l’école préparatoire évangéliste de Bruxelles (1878), puis, nanti tout de même d’une mission de six mois, se rend dans l’une des régions les plus déshéritées de la Belgique, le Borinage, pays des mineurs. Peu doué pour la prédication, mais charitable jusqu’au sacrifice, il reçoit un accueil mitigé de la population et est finalement désavoué par l’Église. Paradoxalement, si ce nouvel échec le laisse au bord du désespoir, il lui permet de découvrir enfin sa véritable vocation en le ramenant à la pratique du dessin.

Van Gogh commence son apprentissage en copiant des gravures sur bois et des lithographies, et en s’inspirant des œuvres de Millet, artiste pour lequel, jusqu’à la fin, il professa une véritable vénération.

En 1883, à Nuenen, petit village du Brabant, son talent va se confirmer de manière définitive : de puissantes études de paysans au travail, à la pierre noire, viennent alors attester sa maîtrise de dessinateur, tandis qu’à travers quelque deux cents tableaux (figures de paysans et d’artisans, paysages et natures mortes) à la palette sombre, aux coups de brosse expressifs, aux volumes accusés par un clair-obscur brutal.

Le séjour à Arles (févr. 1888-mai 1889) est pour Vincent l’occasion d’une découverte essentielle : celle de l’éblouissement solaire du Midi, qui, en imposant à sa palette une plus grande intensité de tons et en lui suggérant des accords chromatiques d’une puissance inédite, va transmuer toutes les données de son art.

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Vincent Van Gogh, Les mangeurs de pommes de terre, 1885

Le 24 décembre 1888, à l’issue d’une violente querelle avec Gauguin, venu le rejoindre au début de l’automne, Van Gogh tente de tuer son compagnon, puis, pour s’auto-punir, se mutile l’oreille gauche. Outre qu’il fait apparaître au grand jour la différence fondamentale de tempérament qui sépare les deux hommes, ce conflit entérine pour Vincent la fin d’un vieux rêve fusionnel de communauté artistique, et le renvoie du même coup à sa solitude.

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Vincent Van Gogh, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889

En mars 1889, après une période de répit durant laquelle il peint entre autres l’Autoportrait à l’oreille coupée (janv. 1889 ; Courtauld Institute, Londres), une pétition des habitants d’Arles entraîne son internement à l’Hôtel-Dieu. Deux mois plus tard, hanté par l’idée du suicide, mais pleinement conscient du mal qui le ronge, il prend lui-même la décision de se faire soigner à l’hospice de Saint–Rémy-de-Provence. D’accès de dépression en phases de rémission et d’activité intense, son style connaît de nouveau des modifications sensibles : au flamboiement du coloris arlésien succède, en effet, dans d’admirables dessins à l’encre et au roseau, et dans des toiles convulsives d’une gamme moins sonore, celui du graphisme et de la touche dont les traits discontinus et sinueux impriment aux oliviers, aux champs de blé et à la voûte céleste des Alpilles et des Baux les mouvements mêmes de la folie (La Nuit étoilée, juin 1889 ; Museum of Modern Art, New York). Ce temps est aussi celui où Van Gogh commence à sortir de l’anonymat : en janvier 1890 un article d’Albert Aurier, paru dans le Mercure de France, souligne pour la première fois l’importance de ses recherches, et, un mois plus tard, l’un de ses tableaux, La Vigne rouge, exposé au Salon des XX à Bruxelles, est acquis pour 400 francs par le peintre Anna Boch.

Le 27 juillet 1890, égaré dans les champs, il se tire une balle en pleine poitrine. Il meurt le 29 juillet.

© Robert Fohr, historien de l’art
source

LA VIGNE ROUGE
Vincent Van Gogh, La vigne Rouge, 1888
C’est le seul tableau que Van Gogh ait vendu publiquement de son vivant.
Il s’agit des vendanges dans la campagne arlésienne, au Trébon, au nord d’Arles. La vigne rouge a été exposée au Salon annuel du groupe des XX en 1890 à Bruxelles. Elle y est vendue à Anna Boch, peintre impressionniste membre des XX. La mécène et peintre n’est autre que la soeur d’Eugène Boch, l’ami immortalisé sous le pinceau de Vincent comme « le Peintre aux étoiles ».
Les tons sont très lumineux, les contrastes sont violents, tellement provocants que l’on s’éloigne de l’impressionnisme et que l’on s’approche du fauvisme où la couleur n’est plus celle de la nature mais une couleur aléatoire, choisie pour son effet esthétique et troublant. Van Gogh n’a pas seulement ouvert la voie aux expressionnistes mais aussi aux fauves.

 

LE PEINTRE AUX ETOILES BOCH
Vincent Van Gogh, Le Peintre aux étoiles – portrait d’Eugène Boch, 1888

 

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Une réflexion sur “Puzzl’Ar’Turbulent : Vincent Van Gogh

  1. Bonsoir Martine,
    Dans ma réponse sur le forum francophone de WordPress, j’ai oublié de te suggérer de vider également ton cache.
    Bisous.
    Geneviève
    Ps : Je fais de l’informatique, c’est technique et nettement moins affectif.

    Aimé par 1 personne

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