Incipi’Turbulent #7, La jeune épouse

1200x630bbJ’actualise cette page à chaque réception d’une nouvelle proposition.

Les « incipitigraphes » de la semaine sont :
Julien Hirt, Anne de Louvain-la-Neuve,
Cléa Cassia,
Carnets paresseux, Lydia,
JacouAndrea Couturet,
Kathel, et Laurence

Merci !
À mercredi pour la lecture de cette création collective !
Et à jeudi pour l’incipi’Turbulent # 8
La règle du jeu est ici.
Il y a trente-six marches à gravir. Elles sont en pierre et le vieillard les gravit lentement, avec circonspection, comme s’il les collectait une par une, avant de les pousser au premier étage : lui, berger, et elles, doux animaux. Modesto, tel est son nom. Il officie dans cette maison depuis cinquante-neuf ans, il en est donc le prêtre. Parvenu sur la dernière marche, il s’arrête face au large couloir qui s’étend sous ses yeux sans surprise : à droite, les pièces fermées des Maîtres, cinq ; à gauche, sept fenêtres étouffées par des volets en bois laqué. C’est l’aube, tout juste.
Alessandro Baricco, La jeune épouse

 

 

 

 

 

 

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25 commentaires

  1. Il prend son temps pour ouvrir chaque fenêtre. Comme si c’était une première fois. Chaque jour le même cérémonial. Chaque jour Modesto a l’impression de mette le monde en marche. La lumière rasante du soleil illumine un instant son visage.

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  2. Voici pour aujourd’hui, il est encore temps !

    « Modesto se redresse, à peine, juste ce que lui permet son dos voûté par les ans, et il se dirige vers la plus proche des sept fenêtres. Il pousse sans bruit les volets épais, laissant entrer une lueur grisâtre. Il écoute un instant les premiers sons qui montent de la vaste cour, froissement d’herbes, pépiements d’oiseaux, souffle de vent printanier. »

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  3. Bonjour et ma suite

    Il pourrait le parcourir les yeux fermés; dix pas pour atteindre la première fenêtre, quinze pour la porte de la chambre jaune, ainsi jusqu’ au bout, tous ces pas qu’il accomplit chaque jour sans y penser. Peut-être, ainsi, a-t-il déjà fait le tour de la Terre, peut-être même plusieurs fois; qui sait ?
    A bientôt

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  4. Ma participation (très modeste).

    Il prend le temps de reprendre son souffle, adossé au mur du couloir dont les fissures risquent à chaque instant de s’agrandir. En dépit de toutes ces années passées en ce lieu, il aime à voir et à sentir la pointe du jour sur son visage plissé, presque désenchanté.

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  5. Je ne suis pas certaine de bien comprendre ce jeu, est-ce que je me fie juste au texte pour mettre ma ou mes phrases? A quelle endroit dois-je inscrire ma ou mes phrases, je ne trouve pas l’endroit ! Merci!!!

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    1. Bonjour Louise ! Le texte que je propose est le début d’un roman (dont je donne les références) ; proposition est faite à celles.ceux qui le désirent de poursuivre cet incipit à leur gré, suivant ce que les mots leur suggèrent. Les propositions sont à inscrire dans la partie « commentaires » de l’incipit concerné. La modération étant activée, aucun ne sait ce que les autres ont proposé. C’est ce qui fera « le charme » du texte que je compilerai et présenterai le mercredi suivant. Les propositions (de 1 à 5 phrases) doivent me parvenir avant le dimanche 20 h, dernier délai. J’espère avoir été plus claire que dans la règle du jeu à laquelle je renvoie. Sinon, à ta disposition 😀 Et à très bientôt le plaisir de te lire !

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  6. Pleine de ses promesses et de ses possibilités. C’est l’aube, déjà, qui se lève sur cette journée si particulière. Les mêmes marches, le même couloir, et tout qui s’apprête à changer. Cinquante-neuf ans de prières retenues dans les murs, dans ces pierres, toute une vie d’émotions et de sentiments, mais aucun plus beau que ceux qu’il s’apprête à célébrer.

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  7. Vite : fermer chaque fenêtre, verrouiller chaque issue, clore chaque soupirail. La tranquillité des lieux est à ce prix, aussi Modesto, comme chaque jour, s’acquitte de cette tâche avec empressement. Déjà, quelque chose de froid s’insinue dans l’air, qui se charge de mouches et de mélancolie. Si l’on n’y prenait garde, les vents cruels feraient mourir toutes les chandelles.

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      1. Je tente.

        Et tout là-bas, au fond du couloir, la pièce, sa pièce. Toujours close et bien fermée de l’intérieur quand il y est, de l’extérieur quand il n’y est pas, son domaine, sa boite, son cachot ou son espace, son cagibi ou son terrain de jeu. Les maitres n’y ont pas accès (d’ailleurs, délimitée comme du côté des domestiques) et les autres n’y pénètrent pas. C’est là que débutent ses projets et là qu’ils se concrétisent. Personne ne sait, ne saura. A sa mort peut-être ? Si quelqu’un poussé par la curiosité défonce la porte et pénètre dans son antre. Et alors… ils sauront.

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      2. Trente-six marches, cinquante neuf ans, cinq et sept fenêtres ; montant et comptant comme chaque dimanche, Modesto se demande s’il n’aurait pas du remplir une grille de loteria. Et puis il se dit qu’à force, ça fait bien le trois millième dimanche qu’il se pose la question, et que s’il n’a toujours pas de réponse, à Dieu va et que sa volonté soit faite ! Il faudra donc pour réparer l’église demander de l’argent au Maître. Encore faudrait il le voir. Et puis oser.

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