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Autoportrait Edward Hopper, 1925-1930 (image cliquable)

Edward Hopper, né le  à Nyack dans l’État de New York et mort le  à New York, est un peintre et graveur américain.

Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du naturalisme ou de la scène américaine, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l’affiche, la gravure (eau-forte) et l’aquarelle.

Wikipedia [*]

Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.

« Je crois que l’humain m’est étranger. Ce que j’ai cherché à peindre, ce ne sont ni les grimaces ni les gestes des gens ; ce que j’ai vraiment cherché à peindre, c’est la lumière du soleil sur la façade d’une maison. » Voilà une affirmation aussi irréfutable que péremptoire si l’on considère l’ensemble de sa peinture. La totalité de l’œuvre d’Hopper est en effet traversée par d’évidentes constantes iconographiques et formelles, et cela depuis les années 1920 jusqu’à sa disparition en 1967.

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Edward Hopper, Autoportrait (1906).

À partir des années 1920, son approche formelle évolue et sa thématique fixe ses contours. Hopper va alors définir l’image selon une méthode qui lui sera propre : il ne s’agira pas de formes cernées par des traits incisifs et minutieusement achevées, mais plutôt d’une définition rapide des éléments figuratifs, énoncés dans leur masse principale par une touche souvent apparente, et surtout organisés par des cadrages très originaux. Son réalisme sera alors un réalisme d’atmosphère, par opposition au réalisme de précision qui caractérise la peinture de certains de ses compatriotes. À la même époque, il établit définitivement son répertoire iconographique, les thèmes porteurs de sa conception du monde et de la vie. Il ne les changera plus. Bien au contraire, il reprendra certains thèmes des décennies plus tard.

Aucun paysage urbain ne nous renvoie aux aspects particuliers de la métropole, et cela est lié à la conception du monde du peintre : tous ses efforts convergent vers un seul but, fixer sur la toile les moments singuliers où la réalité urbaine bascule dans l’absence de vie, en mettant en valeur le vide physique ou bien psychologique.

L’œuvre d’Edward Hopper a fait l’objet de nombreuses publications et expositions, comme la première rétrospective organisée au Museum of Modern Art de New York en 1993 et au Grand Palais en partenariat avec le Centre Georges-Pompidou en 2012.

 

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Edward Hopper, Soir à Cape Cod (1939, National Gallery of Art, Washington)

Il s’agit de Soir à Cape Cod (1939, National Gallery of Art, Washington) . Ce tableau a donné lieu à des commentaires de la part de l’auteur qui nous explique que « …les arbres en phalange s’avancent dans l’obscurité… ». En effet, cette vue inspirée par South Truro, où Hopper avait acheté une maison, montre l’affrontement silencieux entre la nature, la maison et ses habitants. Le couple d’aspect nordique, immobile, semble envahi à la fois par le bosquet de caroubiers et par l’herbe calcinée, ondoyante. Ils se replient contre la façade de la maison, alors que le chien, un colley écossais, s’avance en écoutant un bruit lointain. L’homme semble tenir dans sa main une pierre. Tout est immobile, les personnages sont enfermés dans leur solitude silencieuse et recherchée.

© Charles SALA,
professeur d’histoire de l’art
à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense.
Source [*]

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