Claude Monet, Peupliers au bord de l’Epte, automne

 

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Claude Monet, « Peupliers au bord de l’Epte, automne », 1891

Les Peupliers est le titre d’une série de vingt-trois tableaux impressionnistes peints par Claude Monet de l’été à l’automne 1891 , entre la série des Meules, achevée au début de l’année 1891, et celle des vues de la Cathédrale de Rouen, débutée en février 1892.

D’abord directement peintes sur le motif, les vingt-trois toiles prennent pour sujet une rangée de peupliers bordant la rivière de l’Epte, un affluent de la Seine, sur la commune de Limetz (aujourd’hui Limetz-Villez), à deux kilomètres de la propriété de Claude Monet à Giverny.

Voici quatre reproductions des vingt-trois toiles.

collage

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Claude Monet, 1840-1926, autoportrait au béret

Claude Monet est né le  à Paris et mort le  (à 86 ans) à Giverny.

Il passe sa jeunesse et son enfance au Havre où ses parents tiennent une épicerie. Il manifeste très tôt de grand dons pour le dessin, en particulier pour la caricature. C’est Eugène Boudin qui encourage le jeune homme à peindre et l’emmène « sur le motif », en plein air (« Ce fut tout à coup comme un voile qui se déchire. J’avais saisi ce que pouvait être la peinture »), puis qui l’engage à aller étudier à Paris où Monet part en 1859. Il demande conseil à Constant Troyon, mais travaille surtout à l’Académie suisse, où il rencontre Camille Pissarro.

…/…

Chez Monet, l’instantané n’est jamais, comme chez Degas, celui d’un mouvement, ou, comme chez Renoir, celui d’un moment de plaisir, mais un pur instantané atmosphérique, même dans ses paysages urbains. Ses célèbres vues de La Gare Saint-Lazare (musée d’Orsay, Paris) ou du Pont de l’Europe (1877, musée Marmottan) avec la lumière tombant des grandes verrières sur les vapeurs des locomotives sont des visions aussi justes que poétiques de la vie contemporaine.

C’est peut-être en peignant plusieurs versions de La Gare Saint-Lazare que Monet eut l’idée d’exécuter des séries, de reprendre systématiquement le même motif sous des éclairages divers. Avec les années quatre-vingt, on assiste à une sorte de dispersion des impressionnistes, et l’exposition de 1886 sera la dernière du groupe. À partir de 1881, Monet expose seul et suit dans sa peinture une voie de plus en plus personnelle. En 1878, il s’est installé à Vétheuil, puis, en 1883, à Giverny qu’il ne quittera presque plus jusqu’à sa mort, quelque quarante ans plus tard. Seuls des voyages en Méditerranée (Bordighera, 1884 ; Antibes, 1888), en Bretagne (Belle-Île, 1886), à Venise (1908 et 1911), en Norvège (1895) ou à Londres (1888, 1901), voyages dont il rapporte chaque fois des séries dont le sujet principal est l’eau et la multiplicité de son apparence, vont couper une approche de plus en plus hallucinée et obsessionnelle de quelques effets lumineux sur un nombre d’objets de plus en plus modeste et restreint. En 1890-1891, il peint et expose les premières « séries » systématiques de Peupliers et de Meules en essayant d’en traquer, à des moments divers de la journée, une vérité visuelle fugitive : « Je pioche beaucoup, je m’entête à une série d’effets différents […], plus je vais, plus je crois qu’il faut beaucoup travailler pour arriver à rendre ce que je cherche, l’instantanéité, surtout l’enveloppe, la même lumière répandue partout, et plus que jamais les choses venues d’un seul jet me dégoûtent. » Sous cette apparente modestie d’intention et de sujets – après Les Meules, ce seront, en 1893-1894, les Cathédrale de Rouen (musée d’Orsay, Paris), puis, jusqu’à sa mort, Les Nymphéas de son jardin –, les ambitions de Monet sont grandes. Ce n’est plus, comme à l’époque précédente, un paysage-spectacle, mais un secteur restreint de ce paysage, scruté dans sa vérité matérielle, avec une technique dédaignant de plus en plus les volumes et les valeurs pour ne s’intéresser qu’aux effets tactiles et lumineux. La pâte s’épaissit, les formes se dissolvent en une effusion de matière et de couleur qui veut signifier plus qu’une apparence : un « instant de la conscience du monde ».

© Françoise CACHIN : directeur des Musées de France, président des Musées nationaux.

Source

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7 réflexions sur “Claude Monet, Peupliers au bord de l’Epte, automne

      1. Enfin si, je crois comprendre ! Lydie Hanesse (que je ne connais pas) m’a « inscrite » dans votre groupe, ou quelque chose comme ça, sans me demander mon avis. Quant à Lilou (que je connais), elle avait une fois ou l’autre reblogué mes billets sur l’art.
        En tout cas, bienvenue sur mon blog 😀
        Je viens d’aller faire un tour sur le tien et je vois que nous avons peu ou prou les mêmes centres d’intérêt (lecture et écriture notamment).

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