Pour si peu que ce soit
On peut aimer
la caresse du vent.
On peut aimer
la brûlure du soleil,
on peut aimer la tempête,
le vacarme de la rue,
l’humidité du matin
ou le café sans sucre.
On peut aimer…,
on peut aussi détester tout cela.
Mais personne
n’aurait sérieusement l’idée
d’aller demander au vent de s’arrêter,
au soleil de se cacher,
à la mer de s’immobiliser
et au sucre de rester là où il est.
Fatalement, un jour,
vous vous êtes retrouvés
à la place du sucre,
du soleil ou de l’humidité
du vacarme,
ou de rien.
Et personne ne vous a rien demandé

Jean-Paul Curnier, Peine perdue, I, II et III,
Éditions Léo Scheer, 2002

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