Marc Porcu, Une autre chanson

ou
Pour l’idéal`

à Francis. Chenot
à Achille Chavée

C’est la course infernale contre le mur du son
Les portes de l’enfer sont sorties de leurs gonds
Les damnés font la quête en patins à roulettes
Ils poussent devant eux des landaus en lambeaux
L’enfance est expulsée de la chronologie
Des société-écrans ont vendu sa vertu
Aux salauds virtuels par-dessus les frontières
Tous les champs de napalm s’abreuvent de coca
La neige mord les destins au creux de leur déveine
Les étoiles chaque automne flétrissent nos mémoires
Elles jaunissent à jamais tous nos signes de croix
Et le Klan crucifie la voix de Luther King
Les minarets saignent quand s’annonce le soir
Où les prêcheurs se penchent au bout de leurs couteaux
Les snipers ont samplé au balcon des balkans
Le rap a dérapé dans la paraplégie
La haine s’est déchaînée dans l’encéphalographe
Le cathodique sexe fait grimper l’audimat
Les poèmes s’impriment bien moins que les euros
L’espéranto du fric est un nouveau credo
Et les lames de fond nous laissent sur les berges
Où les fleuves rougissent du sang de nos semblables
Chômage dans les chaumières aux murs paraboliques
Le capital dégraisse ses esclaves à la chaîne
Le patrimoine s’affiche en friche industrielle
Le théâtre a pour charge ce vide ornemental
On préfère les missiles aux missives
Et mi-figue mi-raisin on poursuit son chemin
Fin de siècle est le titre d’un opéra comique
Et les space girls en sont les muses supersoniques
Le poète a pour tâche de sauver quelques mots
quelques mots qui peut-être sauveront quelques peaux
Au mot RACE
synonyme de séisme mental
Je préfère ESPECE à douceur animale
Le sein des femmes aux saintes femmes
Le rêve aborigène aux trafiquants de gènes
Et si la régression poétique est un agression
Contre l’ordre de ce monde bientôt nouveau
Alors régressons
J’attends comme le disait Rimbaud
“J’attends de devenir un très méchant fou”
Patience je vous quitte
Et je vous laisse comme aurait dit Baudelaire
“……ces beautés de vignettes, produits avariés nés d’un siècle vaurien….”
Je vous laisse
Cramer des calories c’est un bel idéal
Une idéologie pour néolibéral.

Marc Porcu, 1953-2017


Marc Porcu, poète et traducteur, vient de décéder.

Hommage…

D’un père sarde, d’une mère sicilienne, naissance en 1953 en Tunisie. Mort en 2017.
Instituteur spécialisé auprès d’enfants et d’adolescents en difficulté. Vivait et travaillait à Lyon. A animé pendant vingt ans la revue « Les cahiers de poésie-rencontres » dans la quelle il a présenté de nombreux poètes du monde.
Participait à des lectures en France et à l’étranger accompagné de musiciens de jazz.
En 2004 il participe comme poète au projet « des mots dans la musique » avec les musiciens Louis Sclavis et Antonello Salis et le comédien Jean Sclavis.
Il animait des ateliers d’écriture pour tous les publics. Il a collaboré avec la compagnie de danse Michel Hallet Eghayan, pour laquelle il a écrit le texte de la création 2004 « Le danseur de la lune ».
Il a obtenu en 1991 le prix EUROPEA de poésie à Pise .
Il a reçu en 2004 la bourse d’aide à la traduction de l’ARALD. Il était secrétaire de la l’assocation Pandora à Villeurbanne.

Pour mieux le connaître, c’est ici

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2 réflexions sur “Marc Porcu, Une autre chanson

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