Paternelle

 

Je suis un banc de sable
dans le courant du fleuve
où vogue la maison
de votre enfance
Pas une digue
pas un moulin
dont l’eau ferait tourner les pâles sans relâche
Un simple banc de sable
où le courlis de vos rires
trace son alphabet
sur des plages éphémères
Ni château sur le rive
ni large pont de pierre
pas même ces écluses qui portent la mémoire
Je suis un banc de sable
où des barques sans fond
viennent se reposer
de vos robinsonnades
Une île à peine
que les remous déplacent
et que les crues chavirent
Une langue de sable
           sa coulée de lumière
qui abandonne en douce 
des bouteilles à la mer

Bruno Doucey,

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