José Muchnik, Quince poemas por la Paz

Création
Race, dis-tu ?
Qu’est-ce que la race ?
Des aubes en couleur ?
Ou des pigments nocturnes ?
Peut-être des crânes
en marbres différents ?
Ou une simple épaisseur
des lèvres sous la pluie ?
Ni couleurs
Ni crânes
Ni lèvres d’épaisseur différente
Race
N’est que la tunique
qu’un jour recouvrit
le chant du sang
Nous venons tous
de la même énigme
toutes les couleurs qui décorent
des oiseaux aux changeantes mélodies
Nous venons tous
de la même amphore
où les potiers de la nuit
tournèrent les humaines lignes
Il est vrai
Il y a eu un commencement
Quand les premiers artisans
prirent l’argile dans leurs mains sages
moulant suavement
le va-et-vient en érection des vagues
dans le creux tiède où la joie
consomme son miracle millénaire
Ainsi fut-il
Il y a eu un commencement
dans l’orgasme divin
qui déchira les ombres
recouvrant un jour
le chant du sang

José Muchnik, Quince poemas por la Paz, 1985
La première version fut publiée au Costa Rica
sous le pseudonyme de Pablo José.
Traduction par l’auteur

muchnik
José Muchnik

Poète et anthropologue, né le 2 novembre 1945 dans une quincaillerie du quartier de Boedo de la ville du Buenos Aires, quartier où ses parents, immigrants russes dans ces terres, avaient jeté l’ancre. Son enfance s’est déroulée parmi des barils de plâtre et des tambours de kérosène, parmi des vagues d’exilés de diverses latitudes qui cherchaient un coin de calme pour vivre. En 1973 il obtient le diplôme d’ingénieur en génie chimique de l’Université Nationale de Buenos Aires. Peu de temps après, avec l’arrivée de la néfaste dictature militaire, il a émigré à son tour. Il réside en France depuis 1976, réalise un doctorat en anthropologie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris et travaille comme Directeur de recherches à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) jusqu’à l’année 2013. Il s’est spécialisé dans l’étude des cultures alimentaires locales, parcourant divers pays d’Afrique et d’Amérique latine. Co-fondateur du groupe « Traversées poétiques », écrit de nombreux ouvrages de poésie, des essais anthropologiques, sans oublier ses expositions de photographies … mais il préfère dire qu’il est « Josecito » de la quincaillerie, un habitué du bistrot Margot du quartier de Boedo d’une ville appelée Buenos Aires … qui peut-être existe.

Source

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