À l’occasion du quarantième anniversaire de la mort de Jacques Prévert, je consacre ce mois d’avril à publier quelques uns de ces textes, peu connus du grand public, voire totalement méconnus. Ces poèmes sont notamment extraits des recueils « Grand Bal de Printemps » et « Choses et autres« , que l’on peut trouver, je crois, dans toute bonne librairie ou en bibliothèque.

Si le chat joue avec la souris –
disait un Anglais d’autrefois
– c’est pour lui laisser sa chance
Et voilà qu’un grand trusteur de mort aux rats
luttant contre la concurrence
a fait voter la mort aux chats
et le voilà le bon civet de conserve
étiqueté lapin de Garenne
et la marque Raminagrobis fait prime sur la marché
et voilà les rats affolés
les chats inquiets
et les lapins un peu tranquillisés
Mais l’industrie sanitaire marchant de pair
avec l’alimentaire
dans les grands mélangeurs les rat d’égouts sont pris
et monsieur Morona pris en flagrant délit
la main dans le sac de sont fric
et convaincu d’empoisonnement à grand rendement public
Laissé en liberté provisoire il se donne la mort
dans son ossuaire de fer
Et voilà les rats plus tranquilles
et voilà les chats moins inquiets
et les lapins à nouveaux affolés
Ce qui est écrit est écrit
Une main sur un mur de la ville
enfantinement avait tout prédit :
– Chat échaudé craint l’eau chaude
ceux qui ébouillantent les chats
devraient être refroidis !

LDL2 (1)

 

 

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