Voici l’oeuvre que vous avez découverte, dans la journée

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Édouard Manet, Le bal masqué à l’Opéra (1873-1874)

Fréquenté par la haute bourgeoisie et l’aristocratie, l’Opéra est le théâtre d’une prostitution de haut vol qui peut revêtir plusieurs formes.

Les abonnés, reconnaissables à leur habit noir et leur chapeau haut de forme, ont pour certains le privilège de pouvoir pénétrer dans le Foyer de la danse, espace privé qui génère toutes sortes de fantasmes liés aux coulisses. Ils peuvent alors, comme le montrent les oeuvres de Degas ou Béraud, rencontrer les demoiselles de l’Opéra plus connues sous le nom de « rats ». Ces dernières sont le plus souvent issues d’un milieu modeste et inscrites à l’Ecole de danse par leurs mères qui rêvent d’un sort meilleur pour elles. Si les appointements des jeunes danseuses sont négligeables, la possibilité de rencontrer un riche et influent « protecteur » suffit à rendre la profession attirante.

La salle de l’Opéra de la rue Le Peletier puis du Palais Garnier est particulièrement propice aux rencontres vénales durant la période du carnaval où se tiennent de grands bals costumés. L’avant foyer est alors investi par des hommes en habit noir côtoyant des jeunes femmes aux traits dissimulés sous un masque ou un domino. Ce thème du bal masqué favorisant les intrigues galantes inspire plusieurs artistes dont Giraud, Manet et Gervex.

Lieu de paraître, l’Opéra est enfin tout désigné pour permettre aux demi-mondaines d’exhiber leur triomphe. Le grand escalier qu’elles empruntent et les loges qu’elles occupent sont des écrins de choix pour afficher leurs plus belles toilettes et leurs parures les plus précieuses.

Source : Musée d’Orsay

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