Kenneth White, En toute candeur

Les jeudis, en alternance avec Le Cahier des Poésies d’Asphodèle,  lisez ici un poème. Et trouvez le mot manquant grâce aux indices.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd'hui, je vous propose
une poésie de
Kenneth White, extraite de En toute candeur
Soir d’hiver
Soleil de betterave et de boue
six heures d’hiver à Dumbarton road
j’achète gâteaux d’avoine et lait à la crémerie
tandis que les autos crachotent vers le ferry
les lampadaires saisis par le premier gel
ont des moustaches de lumière mais elles se perdent
dans les feux de joie électriques des tramways qui passent
près des voitures d’enfant trimbalées par des femmes lasses
vers le thé familial. Je pourrais tout de suite rentrer manger
mais j’attends que le flot dans la rue se soit calmé
et sens cette profonde solitude qui vient recouvrir mes pensées
maintenant que la lune est là comme une – – – – – – – – – de navet
au-dessus des toits et des grues. La chanson de Gaspard Hauser
rôdaille dans ma conscience comme je traîne sur le trottoir
m’arrêtant au coin de la rue pour boire le lait
tandis qu’un chat, irréprochable dans la soie qui le revêt
noir, de ses yeux inaccessibles considère avec dédain
mon entreprise, décide de poursuivre son chemin
et se faufile dans une impasse sans un regard
j’ai dans l’idée d’aller jusqu’à Pollock ce soir
Comment pourrais-je rentrer dans mon chez-moi truqué
Où j’ai écrit sur la tombe de Jonas toute la journée
Je ferai le voyage en tram et j’espère que mes esprits
N’auront pas trop honte à s’évader en compagnie
De la première image issue du ventre rouilleux de la ville.

Kenneth White, En toute candeur,
traduction française de Pierre Leyris.
Paris, Mercure de France, 1964.

Les indices :

– Nos constructeurs trouvent commode (…) d’encombrer la rue de débris et de matériaux, de saupoudrer de raclure de pierre tous les passants (ViolletLeDuc)

– Au jeu des chiffres et des lettres :
voyelle/consonne/consonne/voyelle/consonne/consonne/voyelle/consonne/voyelle.

– J’ai puzzlisé le poème ici. Sans retirer le mot…

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21 réflexions sur “Kenneth White, En toute candeur

  1. Comme mon objectif les mardis (pour les œuvres d’art) et les jeudis (pour la poésie) est uniquement de partager mon intérêt pour ces formes d’expression et de création, je suis ravie que mon idée de puzzle vous plaise.

    Aujourd’hui, le poème de Kenneth White ne vous a guère donné de fil à retordre, puisque toutes et tous avez proposé « ÉPLUCHURE » (eh oui ! Carnets ! Les navets s’épluchent ! Sauf, peut-être, ceux qui n’ont pas dû subir toutes sortes de traitements…).

    Pour celles et ceux qui souhaiteraient le connaître davantage (c’est un homme aux multiples engagements), voici le lien pour lui rendre visite :

    http://www.kennethwhite.org/portrait/

    Quant au poème, empli d’allégories …

    Soir d’hiver

    Soleil de betterave et de boue
    six heures d’hiver à Dumbarton road

    j’achète gâteaux d’avoine et lait à la crémerie
    tandis que les autos crachotent vers le ferry

    les lampadaires saisis par le premier gel
    ont des moustaches de lumière mais elles se perdent

    dans les feux de joie électriques des tramways qui passent
    près des voitures d’enfant trimbalées par des femmes lasses

    vers le thé familial. Je pourrais tout de suite rentrer manger
    mais j’attends que le flot dans la rue se soit calmé

    et sens cette profonde solitude qui vient recouvrir mes pensées
    maintenant que la lune est là comme une épluchure de navet

    au-dessus des toits et des grues. La chanson de Gaspard Hauser
    rôdaille dans ma conscience comme je traîne sur le trottoir

    m’arrêtant au coin de la rue pour boire le lait
    tandis qu’un chat, irréprochable dans la soie qui le revêt

    noir, de ses yeux inaccessibles considère avec dédain
    mon entreprise, décide de poursuivre son chemin

    et se faufile dans une impasse sans un regard
    j’ai dans l’idée d’aller jusqu’à Pollock ce soir

    Comment pourrais-je rentrer dans mon chez-moi truqué
    Où j’ai écrit sur la tombe de Jonas toute la journée

    Je ferai le voyage en tram et j’espère que mes esprits
    N’auront pas trop honte à s’évader en compagnie

    De la première image issue du ventre rouilleux de la ville.

    À mardi, pour ceux qui aiment l’art en puzzle.
    À jeudi, où vous pourrez retrouver un texte « made in Écri’turbulente » dans le cahier des poésies d’Asphodèle.

    Bref, à bientôt.

    Aimé par 1 personne

  2. Hé hé : 2 minutes et 7 secondes pour le puzzle ! Je sifflote là !!! 😆 Bon, il faut dire que c’est beaucoup plus facile avec la souris que sur l’Iphone et ce tactile de…. bref…je reste polie ! 😀 Bisous et je maintiens mon « épluchure » de navet !!! 😀 ♥

    Aimé par 1 personne

  3. Une épluchure ?

    J’aime beaucoup en particulier

    « les lampadaires saisis par le premier gel
    ont des moustaches de lumière mais elles se perdent dans les feux de joie électriques des tramways qui passent »
    Bisesss Martine 🙂

    Aimé par 1 personne

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