product_9782070142316_195x320Un vrai bonheur [des Ogres] que de retrouver enfin Monsieur Pennac dans ses œuvres. Et comme ce polisson d’écrivain se lance dans une nouvelle saga, je me frotte les mains et les zygomatiques à l’idée de reprendre l’aventure avec lui.

Dans mon esprit de fan –presque inconditionnelle – Pennac et Malaussène ne sont qu’une seule et même personne. Ça me complique un peu la lecture ; j’ai tendance à mélanger les/mes héros.

Dans un petit village, proche de Nice (et pas au pied du Mont Ventoux) un inspecteur divisionnaire coule les jours heureux d’une retraite toute aussi heureuse. Coudrier, il s’appelle. Le divisionnaire, pas le village. Parce que le village s’appelle Malaussène. Et Benjamin, qui se nomme Malaussène, est le fils de sa mère et de père inconnu. Il dit de lui qu’il est « frère de famille », une tribu de sept mômes, lui inclus, tous plus extravagants les uns que les autres. À commencer par leurs prénoms : dans l’ordre, Benjamin (sus-cité), Louna, Thérèse, Clara, Jérémy, Le Petit et Verdun. Certains d’entre eux ayant procréé, Benjamin (re-sus-cité) est aussi devenu « tonton de famille » : [C’Est Un Ange] est l’un de ces rejetons préféré, mais il craque aussi devant Maracuja. Et père de famille. Avec Julie, ils ont conçu Monsieur Malaussène et … Julius. mais non ! Julius, c’est le chien, qui bave !

Je pense que, là, je vous ai complètement embrouillés. C’est pas moi, m’sieur-dames, c’est Pennac ! Moi je fais rien que dire ce que je comprends ! Que je m’efforce d’essayer de tenter de comprendre. C’est pourtant pas difficile, si vous avez lu et aimé autant que moi la Saga Malaussène, de l’auteur sus-cité. Quand je vous dis que je confonds mes héros qui suscitent en moi un enthousiasme sans borne !

Parce que Daniel Pennac, m’sieur-dames, c’est un écrivain pas comme les autres ; et c’est pour ça que je l’ai aimé, que je l’aime et que je crois que je l’aimerai longtemps (attention, mec, t’as pas intérêt à me décevoir !). Il manie la plume comme personne, il la trempe dans l’esprit de l’humour exubérant, de l’inspiration débridée, de l’allégresse jubilatoire. Parce qu’il faut les trouver, ces contextes improbables dans lesquels il fait évoluer ses personnages. Et des personnages, il y en a ! Ça foisonne, ça fourmille, ça prolifère, ça prospère… Le plus important, d’emblée, c’est de planter un arbre, de ceux que l’on nomme généalogique. De surtout laisser croître les drageons, parce qu’ils seront utilisables, voire indispensables, un jour ou l’autre. Ceci fait, il suffit de lâcher prise, de se laisser porter, emporter, transporter, enflammer par la conversation féconde de l’auteur.

Bon, mais c’est pas tout ! « Le Cas Malaussène », c’est quoi, au juste ? « Ils m’ont menti » affirme Alceste, un romancier publié par les Éditions du Talion, administrées par la Reine Zabo, qui prépare déjà la suite de l’épopée (Leur très grande faute). Benjamin, qui déjà en 1985 (Au bonheur des Ogres), jouait le rôle de bouc-émissaire, continue à le jouer. À la perfection. En trente-deux ans (je vous rappelle que nous sommes en 2017), la famille s’est agrandie (je radote, je sais) : Monsieur Malaussène (non, pas Benjamin, mais son fils) est né de deux mères (sic), et Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion… Et Benjamin, pour ne pas changer, il morfle (re-sic).

Je pense que vous n’avez rien compris de ma démonstration. Le mieux, je pense, c’est de faire le plongeon dans l’univers gigantesquement prodigieux de Daniel Pennac. Je vous conseille d’emprunter la machine à remonter le temps et de retourner dans les années 85 qui ont vu naître cette coterie aussi infernale que rocambolesque.

Laissez-vous porter, vous dis-je ! Vous ne le regretterez pas ! Mais si, par le plus pur des hasards, c’était le cas, je peux vous transmettre les coordonnées de Benjamin Malaussène. Il a l’habitude d’encaisser. C’est son job.

Daniel Pennac, Le Cas Malaussène – I – Ils m’ont menti
Gallimard, décembre 2016

Daniel Pennac a enregistré un entretien ici, à propos de son dernier roman. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et si ça peut vous aider pour la compréhension de l’affaire…

Pour mémoire...
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La Saga Malaussène

 

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