Les jeudis, en alternance avec Le Cahier des Poésies d’Asphodèle,  lisez ici un poème.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd'hui, je vous propose
une poésie de
Fernando Arrabal, La Comptine de Grisette
Grisette était une souris
Qui rêvait d’être une houri
Dans de vastes prés verdoyants
Sous de grands voiles ondoyants .
Elle se voyait en coquette
Elle qui n’était que Grisette
Et n’avait séduit aucun rat.
(Jamais son charme n’opéra).
Restant seule et inconsolée
Dans son trou-un vrai mausolée-
Peu à peu elle maigrissait.
Son caractère s’aigrissait.
Elle ne mangeait plus de lard
Ne s’intéressait plus à l’art.
Elle se sentait dépérir
Et pensa: »Il vaut mieux mourir
Que de rester là dans mon trou ».
Elle sort, furète partout
Et soudain découvre un écran,
Croit pouvoir se mirer dedans.
Elle demeure fascinée
Par cette douceur satinée
Elle imagine l’appareil
Comme son galant sans pareil:
C’est un compagnon idéal.
Aussitôt elle oublie son mal.
La voilà fort énamourée
Plus jamais elle ne grognonne 
Et pour son bel adorateur
Devient souris…d’ordinateur.

Les indices à croiser les uns avec les autres :

– Maurice Genevoix, dans les Éparges, en 1923, évoquait ainsi la sonnerie du téléphone.
– Henri Vincenot,  dans La Billebaude en 1978 : « Ah ! oui, pour sûr le Bon Dieu me patafiolerait si je ragognais […] »


– Un petit plus ? Les chiffres et les lettres ?

Consonne – Voyelle – Voyelle – Consonne – Consonne – Voyelle – Voyelle


Qui est Fernando Arrabal ? Clic sur sa photo.

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Fernando Arrabal

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