Renée Vivien, Études et préludes

Les jeudis, en alternance avec Le Cahier des Poésies d’Asphodèle,  lisez ici un poème.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd'hui, je vous propose un poème de : 
Renée Vivien, 
extrait de Études et Préludes
À la femme aimée
Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
Le ciel mêlait aux ors le cristal et l’airain.
Ton corps se devinait, ondoiement incertain,
Plus souple que la vague et plus frais que l’écume.
Le soir d’été semblait un rêve oriental
De rose et de santal.
Je tremblais. De longs lys religieux et blêmes
Se mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
Leurs parfums expirants s’échappaient de tes doigts
En le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
De tes clairs vêtements s’exhalaient tour à tour
L’agonie et l’amour.
Je sentis frissonner sur mes lèvres muettes
La douceur et [le trouble] de ton premier baiser.
Sous tes pas, j’entendis les lyres se briser
En criant vers le ciel l’ennui fier des poètes
Parmi des flots de sons languissamment décrus,
Blonde, tu m’apparus.
Et l’esprit assoiffé d’éternel, d’impossible,
D’infini, je voulus moduler largement
Un hymne de magie et d’émerveillement.
Mais la strophe monta bégayante et pénible,
Reflet naïf, écho puéril, vol heurté,
Vers ta Divinité.

Renée Vivien, Etudes et préludes

Deux indices pour trouver le mot :

– Une citation : « La pensée du grand trou noir le mouillait d’une sueur froide et dressait ses cheveux d’horreur » (Émile Zola) 

– au jeu « des chiffres et des lettres » : voyelle/consonne/consonne/consonne/voyelle/voyelle

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Le sommeil, Gustave Courbet

Ici, vous pouvez découvrir cette poétesse

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21 réflexions sur “Renée Vivien, Études et préludes

  1. À la femme aimée

    Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
    Le ciel mêlait aux ors le cristal et l’airain.
    Ton corps se devinait, ondoiement incertain,
    Plus souple que la vague et plus frais que l’écume.
    Le soir d’été semblait un rêve oriental
    De rose et de santal.

    Je tremblais. De longs lys religieux et blêmes
    Se mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
    Leurs parfums expirants s’échappaient de tes doigts
    En le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
    De tes clairs vêtements s’exhalaient tour à tour
    L’agonie et l’amour.

    Je sentis frissonner sur mes lèvres muettes
    La douceur et l’effroi de ton premier baiser.
    Sous tes pas, j’entendis les lyres se briser
    En criant vers le ciel l’ennui fier des poètes
    Parmi des flots de sons languissamment décrus,
    Blonde, tu m’apparus.

    Et l’esprit assoiffé d’éternel, d’impossible,
    D’infini, je voulus moduler largement
    Un hymne de magie et d’émerveillement.
    Mais la strophe monta bégayante et pénible,
    Reflet naïf, écho puéril, vol heurté,
    Vers ta Divinité.

    Renée Vivien, Etudes et préludes

    J'aime

  2. …la douceur et « L’EFFROI », avec le jeu des chiffres et des lettres c’était cadeau, 2 indices aujourd’hui, youpi ! 😆 J’adore ce jeu ! Je te l’ai déjà dit ? Pas grave, il faut dire et redire quand c’est bien ! Ce poème est très beau, très « orientaliste », avec un zeste de « romantisme », mouhaha !!! 😀 Bisous ma Tine !♥ 😆

    Aimé par 2 people

    1. Bravo, Miss ! Quand une femme se déclare à une autre femme, le romantisme est – presque – de rigueur.
      Ravie que tu aimes ce jeu ! C’est aussi une façon de faire connaître la poésie.
      Des bisous, Belle ❤

      J'aime

      1. Je connais un peu la vie de Renée Vivien, saphique, romantique, gothique et inconsolable ! 😉 Tu sais bien que toutes les façons de faire connaître la poésie, je suis pour à 300% ! 😉 Bisous ma Tine♥

        Aimé par 1 personne

            1. Oui, « effroi » Lydia !
              Ce mot me fait une drôle d’impression dans un poème d’amour.
              En tout cas, heureusement que je n’étais pas très loin de mon ordi, pour t’empêcher de te fourvoyer 😀

              Aimé par 1 personne

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