Raymond Queneau, L’instant fatal

Si tu t’imagines
Si tu t’imagines
si tu t’imagines
fillette fillette
si tu t’imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures
Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d’émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures
les beaux jours s’en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s’approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Raymond Queneau, L’instant fatal, 1948

Pour ma participation au cahier des poésies d’Asphodèle

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24 réflexions sur “Raymond Queneau, L’instant fatal

    1. J’ai découvert que le texte de la chanson de Juliette Gréco est de Raymond Queneau.
      (Faut dire que je ne m’étais jamais posé la question de l’auteur…)
      Et j’aime, oui 😀

      J'aime

  1. Un grand classique que j’ai beaucoup chanté, quand je chantais encore ! Juliette a 90 ans, elle doit y repenser à la « ride véloce »… Quoique…avec la chirurgie, c’est moins frappant ! 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Ah, la, la ! je vais encore me mettre le monde à dos, mais ce poème n’a-t-il pas été écrit par un homme ? pressé de voir une fillette comme il le dit de s’allonger sur les pétales de roses, en la laissant ensuite se débattre avec les épines ? Queneau, macho même combat ?
    Autrement la cuisse de nymphe est-elle indispensable à l’amour ? J’espère bien que non, hein chéri-chéri ?
    Bises chère Dame Martine.

    Aimé par 3 people

    1. pas faux… en tout cas écrit vers la mitan du Raymond, qui voyait peut-être se pointer dans son miroir « la ride véloce, la pesante graisse, le menton triplé, le muscle avachi » ;
      mais c’est peut-être l’expression de son regret (comme on dit en style de sous-préfecture) d’avoir rater sa propre saison des za des zamours…
      et puis au moins, Raymond ne propose pas ses bons services à l’héroïne !
      🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Ah la la, quelle époque dévouée à l’apparence !
        Il fut un temps braves gens, ou la pesante graisse était signe de bonne santé 🙂 et de bonne mangeoire aussi ! D’ailleurs c’est incompatible avec la ride véloce, les gens grassouillets ayant moins de rides que les autres 🙂
        ya-til vraiment une saison des zazamours (revoir les petits ruisseaux ?)

        Aimé par 2 people

    2. Fais quand même attention, Monesille, à ceux qui se trouvent dans ton dos, surtout s’il y a tout le monde.

      J’ai lu ton comm’ avec plaisir, et attention. Du coup suis retournée à l’exercice de style du Raymond. Et je n’ai pas tout à fait lu la même chose que toi
      En tout cas, pour ce que j’y comprends (mais à chacune son neurone, hein ?)

      Il s’agit (pour moi) d’une réflexion sur la brièveté de la vie humaine et du conseil de profiter de l’instant présent. « Carpe Diem », profite des moments fugaces de la vie.

      Ce que je sais aussi, c’est que Queneau a voulu reprendre à sa façon ouLipienne et complètement contemporaine ce poème de Ronsard (encore un mec, certes) :

      Mignonne, allons voir si la rose

      A Cassandre

      Mignonne, allons voir si la rose
      Qui ce matin avoit desclose
      Sa robe de pourpre au Soleil,
      A point perdu ceste vesprée
      Les plis de sa robe pourprée,
      Et son teint au vostre pareil.

      Las ! voyez comme en peu d’espace,
      Mignonne, elle a dessus la place
      Las ! las ses beautez laissé cheoir !
      Ô vrayment marastre Nature,
      Puis qu’une telle fleur ne dure
      Que du matin jusques au soir !

      Donc, si vous me croyez, mignonne,
      Tandis que vostre âge fleuronne
      En sa plus verte nouveauté,
      Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
      Comme à ceste fleur la vieillesse
      Fera ternir vostre beauté.

      Pierre de Ronsard

      Bisous, Dame Camomille ❤

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, oui, je connais bien Ronsard et ce poème que nous disions à l’école : ses beautés les séchoirs !
        Mais le thème est le même, oui, carpe diem bien sûr, mais comme disait ma grand mère, (aussi) la beauté ne se mange pas en salade ! Cassandre l’a bien compris à ses dépends, lui qui au travers d’elle a chanté tant de femmes différentes et qu’il l’a séduite sans pouvoir l’épouser puisqu’il était clerc.
        Bisous Dame Ecrevisse.

        J'aime

  3. Si tu t’imagines
    Si tu t’imagines
    Martine Martine
    si tu t’imagines
    xa va xa va xa
    va durer toujours
    d’citer les poètes
    d’garder l’arbre sec
    ce que tu te goures
    Martine Martine

    Si tu crois Martine
    si tu crois ah ah
    que les bons auteurs
    t’évit’ront longtemps
    d’offrir aux lecteurs
    tes propres histoires
    tes vers à l’envers
    si tu crois croâ croâ
    xa va xa va xa va
    faire rêver Loupiote
    Martine Martine
    ce que tu te goures

    🙂

    Aimé par 4 people

    1. 😂😂😂
      J’apprécie, beaucoup,
      Je te remercie aussi…
      Mais, j’ai depuis deux jours une seule moitié de moitié de cerveau en activité (je crois que tu connais le principe) et je n’ai trouvé que Queneau pour me réconforter.
      😉

      Aimé par 1 personne

      1. Chantée par Juliette G c’est encore mieux.
        Vivent Queneau et Gréco !
        Je connaissais la version chantée, je ne savais pas que le texte était de Raymond 😆
        Merci pour ce rappel nostalgique
        Gros bisous

        Aimé par 1 personne

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