L’Écrevisse et la Prosélyte

Une écrevisse paisiblement
S’en allait trempant
dans le courant d’une onde pure.
Si,
limpide était son bain,
son âme l’était moins :
elle n’allait que pour occire,
pour dévorer, pour engloutir
tout ce que le Créateur
avait conçu de comestible.
Une prosélyte survint,
qui cherchait aventure
en eau trouble.
Si,
catholique était son dessein,
elle n’en était pas moins
quelque peu fouille-merde.
C’est qu’elle ignorait,
la pauvresse,
que l’écrevisse
n’en pinçait plus
pour l’œuvre céleste
si toutefois elle y avait cru.
– Que faites-vous dans mon doux ru
s’étonna le crustacé aux grêles pattes.
– Je vaque, je vaque, répondit la zélatrice,
cherchant pour me repaître
quelque âme égarée.
– Âme, dites-vous ?
Mais ignorez-vous donc
que d’âme point n’ont les animaux ?
Et qu’en cœur, n’ont
que fornication, turpitude et bâfrerie ?
– C’est bien là mon entêtement,
répondit l’anonyme. Ne me chaut
que la récupération
d’âmes erratiques.
– Même si, pour ce faire,
vous imposez votre présence
au mépris des rebuffades ?
– C’est là que ma tâche
devient plaisante :
je m’immisce
je m’ingère
je m’infiltre
je squatte
j’intruse discrètement
nonobstant les menaces
de dénoncer mon ingérence.
– Ensuite, que faîtes-vous ?
– Rien.
Et c’est bien ça qui horripile ma victime.
Je reste là, tapie dans l’ombre,
je veille sur ses perversions
tel le pur agneau…
– … Agneau, dites-vous ?
Ne craignez-vous pas le Loup ?
– Le Tout-Puissant me protège,
ses paroles lénifiantes
anesthésient sans charité
les plus récalcitrants.
Qu’il vienne !
Mais c’est de vous que j’ai souci.
– Pourquoi ? Aurais-je commis quelque faute
qui déplaise à l’Hôte
qui demeure en votre esprit ?
– Voilà donc bien la preuve
de votre barbarie.
Vous portiez la faute en vous
avant même d’être née à ce monde.
Je vous invite chez moi.
L’eau y coule, vous verrez,
claire, exquise et musicale.
La parole de l’Éternel
murmure ses bienfaits.
Vous serez heureuse, 
débarrassée de vos tourments terrestres.
Pendant qu’ainsi elles devisaient, 
du leu l’ombre noire se profila
dans le dos de la collante fouinarde.
Écrevisse ne dit mot,
savourant d’avance
l’inéluctable moment
d’une rencontre
un peu « rustique », dirons-nous.
Oh ! ce ne fut qu’un simple geste,
sans perversité.
Normal ! 
Par essence, l’animal
n’est pas corrompu :
il poussa l’incongrue
dans le tranquille ruisselet.
À l’aide, à l’aide !
Tonitruait l’inconvenante.
Je ne sais pas nager !
Espérant sans nul doute
de son Sauveur une main charitable.
Mais celui-ci resta muet.
L’immatériel est un fantoche,
le croirez-vous ?
Allez, je ne serai pas charogne,
dit Écrevisse, tendant sa pince.
Quoiqu’on pense.
Je ne me nourris pas,
moi,
de paradoxe,
de discordance
et d’incohérence.

©Martine C. – 27/01/2017

Je dédie cette fable maladroite à l’une de mes importunes squatteuses, qui s’entête à revenir chez moi, dès je la mets dehors. Puisqu’elle s’abonne et se réabonne, je la soupçonne de prendre un plaisir malsain (L’Éternel, comme elle le nomme, ait son âme, si, comme je le crois, elle a besoin de se vautrer dans la boue pour obtenir indulgence et miséricorde). Il en est visiblement qui ne font pénitence qu’après s’être dépravé.
Elle se reconnaîtra, je pense.
Mais s’il faut la nommer, c’est à Guylaine Roy que je m’adresse : une harceleuse masquée, un véritable parasite.

Et si sur vos blogs, elle pose son dévolu
 sachez qu'elle est pire qu'une sangsue !

 

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12 réflexions sur “L’Écrevisse et la Prosélyte

    1. Bon, je t’explique:

      tu vas dans « Tableau de bord » puis « Réglages » puis « Discussion ».

      Là, tu trouves un grand cadre où saisir les références des gens à mettre dans la file de modération. Ce sera à toi de les supprimer définitivement ensuite de cette file.

      Il y a aussi un cadre en dessous pour y mettre carrément des gens en liste noire, dans celui-là, ils seront mis automatiquement à la corbeille.

      Tu choisis le cadre que tu veux.

      Pour savoir quoi écrire exactement dans les cadres, tu vas voir un des commentaires indésirables dans « Tableau de bord »puis « Commentaires ».
      Sous le pseudo de l’auteur du commentaire, tu dois voir une adresse mail ou une URL ou les deux.
      Saisis tout ça dans un des cadres (y compris le pseudo, foin de l’avarice).

      Bises,
      Mo

      Aimé par 1 personne

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