VARIATIONS SUR LE PSAUME 137
Si je peux t’oublier
elle devra m’oublier
la main qui écrit les lettres
la droite du marteau
et de la paume de la fronde.
Si je peux t’oublier
s’attachera ma langue
à la selle de mon palais,
la langue des sifflements à la nuit
et des baisers à la peau
léchée comme le sel par une chèvre.
Que s’attache ma langue à ma mâchoire
si je ne monte
au sommet de ta joie.

Erri de Luca, Œuvres sur l’eau,
© Seghers, 2002

 

Le Psaume 137 est aussi intitulé « Le chant de l’exilé »
Sur les bords des fleuves de Babylone,
Nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes.
Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants,
Et nos oppresseurs de la joie :
Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion !
Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel
Sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem,
Que ma droite m’oublie !
Que ma langue s’attache à mon palais,
Si je ne me souviens de toi,
Si je ne fais de Jérusalem
Le principal sujet de ma joie !
Éternel, souviens-toi des enfants d’Edom,
Qui, dans la journée de Jérusalem,
Disaient : Rasez, rasez Jusqu’à ses fondements !
Fille de Babylone, la dévastée,
Heureux qui te rend la pareille,
Le mal que tu nous as fait !
Heureux qui saisit tes enfants,
Et les écrase sur le roc !

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