bilan-noel-2016

Le moins que je puisse dire, à propos de ce dernier Noël, c’est que j’ai été gâtée !

eric-sagan-lettre-a-herveLe plus inattendu, c’est cette « Lettre à Hervé » que m’a fait parvenir l’auteur lui-même, Éric Sagan. Et que j’ai l’intention de lire avec attention et intérêt. Éric Sagan, surpris du relatif succès de son texte (auto-édité), m’avait écrit, le 22 janvier 2016, pour m’en proposer la lecture en échange d’une critique. Je n’avais pas répondu, parce que je crains (peut-être à tort) un peu ces auto-proclamations de présumés écrivains qui draguent les blogs. Un an plus tard, Éric Sagan m’a relancée. Sa proposition était toujours la même, bien sûr, mais le contexte a bien changé : « A ce jour, m’écrit-il, plus de 3500 exemplaires du livre ont été vendus, principalement au format papier (500 en numérique). » Et son livre est en cours de traduction en langue américaine.

laurent-gounelle-le-jour-ou-jai-appris-a-vivreUn autre roman de cette belle liste était tout à fait improbable : « Le jour où j’ai appris  vivre », de Laurent Gounelle. Il m’a été offert par une petite jeune fille de 11 ans dont j’accompagne la scolarité. Mais pas seulement ! La demoiselle est une dévoreuse de livres. Et, entre le théorème de Pythagore, l’accord des participes passés, les démarches scientifiques et technologiques, nous avons de longues et constructives conversations sur la littérature ; nous nous échangeons des livres (comme je suis fan de littérature jeunesse, je peux la pourvoir abondamment).
De l’auteur qu’elle a choisi pour moi, je ne sais rien de rien. Ce sera une grande découverte !

albert-camus-nocesIl est des auteurs qui symbolisent mes années lycée. C’est le cas d’Albert Camus. J’étais appréciée de mes enseignants, dans pratiquement toutes les matières, et j’aimais leurs enseignements. Toutefois, la lecture n’avait pas encore pris le goût de la liberté, du plaisir, de l’évasion. J’en étais encore à l’époque de la lecture-obligation, celle où il fallait interminablement disserter sur le célèbre « Qu’a voulu dire l’auteur », dont personne (à part lui, et encore) ne sait fichtre rien. Alors Camus ! Je l’ai rangé au rayon des insondables, aux côtés de ses infortunés compagnons de prose et de vers, même si leur plume ne datent pas de la même époque : Céline, Proust, Apollinaire, Dostoïevski, Hugo, Balzac, Gide… j’en passe. En m’offrant « Noces« , Asphodèle a voulu rompre le sortilège. Il va me falloir briser mes préventions.

LeVieuxJardinAW+Puisque j’en suis à remercier Asphodèle (mon Isa/Belle à moi), là je dois dire qu’elle a été audacieuse en matière de cadeau de Noël. imaginez-moi, tel le renard-au-pied-de-l’arbre-sur-la-branche-duquel-le-corbeau-perché-tient-en-son-bec-un-fromage, en train de savourer le billet de lecture qu’elle a commis, sous le charme du dernier roman de Marcus Malte, « Le Garçon« . Et pas seulement elle ! Noukette, Hélène et Moglug ont glissé leurs grains de sel enthousiasmés. Et moi, bouche bée, yeux écarquillés et l’envie de lire en bandoulière… Las… l’ouvrage de ma convoitise se développe en cinq-cent-quarante-quatre pages ! « Le » pavé. Rédhibitoire… Je ne sais pas lire ces romans à rallonge. je finis par m’y ennuyer. Mais c’est qu’elle insiste, la dame ! « Ma Tine, m’écrit-elle… Parce que tu dois lire ce livre, même si ça doit te prendre un mois, ou plus… mais ça m’étonnerait !« . Promis, ma chère amie, je vais tenter l’expérience de la lecture au long cours. Nous en reparlerons…

haruki-murakami-kafka-sur-le-rivageÀ propos de « pavé »… Là, je le reconnais, personne ne m’a obligée. Depuis quelque temps, je découvre la littérature japonaise. Et j’aime. En tout cas, ce que j’ai lu. Un mélange de plausible fantastique et de quête initiatique qui interroge les préconçus, sonde les invraisemblances, manœuvre les ambiguïtés. Kafka sur le rivage, une oeuvre de Haruki Murakami, appartient à cette veine, à cette plume qui manie le paradoxe. Damned ! il me faudra parcourir six-cent-vingt pages pour parvenir à la conclusion.
« J’ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l’auteur avait voulu dire exactement. Mais c’est justement ce « je ne sais pas ce que l’auteur a voulu dire exactement » qui m’a laissé la plus forte impression. ». Si seulement, lorsque j’étais étudiante, j’avais pu écrire cela à propos des écrits d’Albert Camus ! Il paraît « qu’il manque à ses œuvres ce supplément de profondeur qui ferait de lui un Nobel ». Robert Zimmerman, alias Bob Dylan, l’a sans doute trouvé, ce supplément de profondeur, cette année.

matsuo-basho-disciples-haikusJapon toujours, Japon encore, avec un recueil de Haïkus de Matsuo Bashô & ses disciples. Cette poésie courte qui dit des choses simples avec des mots simples dans un style simple me fascine autant qu’elle me chiffonne. Que diable ! Comment est-il possible d’aller à l’essentiel en si peu de mots ? Comme je l’envie cet haijin qui n’a pas besoin de davantage que dix-sept syllabes pour exprimer l’évanescence !

« furuike ya (古池や)
kawazu tobikomu (蛙飛込む)
mizu no oto (水の音) »

Je suppose que la traduction n’a pas cette même saveur, mais il me faudra m’en contenter…

« Un vieil étang
Une grenouille qui plonge,
Le bruit de l’eau.« 

journal-dun-ecrivain-en-pyjama-dany-laferriereEt à propos de Haïkus que j’aimerais savoir écrire, certains, qui me connaissent un peu, ont eu vent de mes velléités plumitives ; il me prend parfois l’envie de mitonner les mots, de les vêtir de mes émotions, de les assaisonner de mes étonnements. J’y réussis avec plus ou moins de bonheur (plutôt moins que plus, pour être franche). Mais c’est peut-être parce que je ne porte pas le vêtement idoine pour ce genre de délassement. L’on m’a dit que, au fil des cent quatre-vingt-deux chroniques du Journal d’un écrivain en pyjama, je trouverais conseils et impulsion pour dégourmer mon écriture.
Ne me trahissez pas – j’en serais confuse – mais Dany Laferrière et moi avons en commun une partie intime et précieuse de ma vie. Le premier ouvrage que j’ai lu de lui, c’est mon fils qui me l’a offert et dédicacé. « Le charme des après-midi sans fin », pour mon anniversaire, en 2010. Sa valeur m’est inestimable.

Lire ici son discours de réception à l’Académie Française.

quelques-uns-des-cent-regrets-claudelComme tout le monde, je pense, j’ai quelques écrivains-chouchou ; même s’il m’arrive de les trahir parfois, voire de les abandonner au profit d’autres auteurs, je suis de nature assez fidèle. Parmi mes favoris, Philippe Claudel figure à une place de choix.
Un véritable coup de coeur, en juin, avec L’Arbre du pays Toraja.
Les treize nouvelles des Petites Mécaniques m’ont ravie.
De-quelques-amoureux-des-livres-que-la-littérature-fascinait-… m’avait amusée.
Et j’avais eu le grand plaisir d’assister à une lecture-dédicace, à Vienne, en mars.
Quelques-uns des cent regrets est loin d’être une nouveauté, puisqu’il est paru chez Balland en 2000. Il m’a semblé, à la lecture des premières pages, retrouver les thèmes chers à l’auteur, cette ambiance particulière qui extirpe du passé ce qui va constituer le présent.

lombre-du-vent-carlos-ruiz-zafonLe Cimetière des Livres Oubliés… c’est là que commence le roman de Carlos Ruiz Zafón, L’ombre du Vent. Comment ne pas craquer à l’idée d’y dénicher quelques spécimens littéraires rares ? Gabriel García Márquez, Umberto Eco et Jorge Luis Borges vont hanter mes soirées lecture à ce qu’il paraît ! La quatrième de couverture me donne à penser que mon voyage à Barcelone, dans les années 45, risque de bouleverser ma perception du monde. Déjà que l’idée que je m’en fais n’est pas des plus réjouissantes !
« Les livres sont des miroirs, et l’on y voit que ce que l’on porte en soi-même » écrit Carlos Ruiz Zafón.

un-paquebot-dans-les-arbres-valentine-gobyDans « Un paquebot dans les arbres« , j’ai lu que Valentine Goby nous décrit, à travers le personnage exceptionnel de Mathilde, une tentative réussie de sauvegarde de la dignité, une illustration de la possibilité toujours existante de l’émancipation de la femme et des corps, thème cher à l’auteur. Le style du récit est à hauteur des personnages : simple, dépouillé, écrit à la troisième personne, souvent, populaire, à la manière des dialogues d’Audiard au cinéma. Il restitue l’atmosphère de ces milieux, marqués par la gouaille, le franc-parler coloré. L’emploi de ce mode de description accentue l’épaisseur humaine des personnages ; il les fait vivre, met à notre portée leur humanité sans tomber dans le piège du misérabilisme ou du naturalisme.
Comment résister ?

xavier-hanotte-du-ventD’une manière générale, j’apprécie la littérature Belge. Xavier Hanotte, dont je n’ai jusqu’ici rien lu, mais à propos duquel j’ai eu l’occasion de lire des critiques dithyrambiques. Alors, j’ai eu envie de faire sa connaissance. J’ai ouï dire que Du Vent est un roman bien enlevé, brillant et intrigant.Que se mêlent et s’alternent des destins agités dont il ne restera que… du vent : celui de Bénédicte Gardier, militaire séquestrée dans une ville portuaire et celui du triumvir Lépide, collègue d’Antoine et d’Octave, en pleine action d’occupation de la Sicile, tourmenté par l’éthique, renonçant à la violence et donc au pouvoir.

hubert-haddad-premieres-sur-pondicheryEt voici le « petit dernier », tout frais sorti des presses de Zulma : Premières neiges sur Pondichéry. Signé Hubert Haddad. Un auteur privilégié dans ma bibliothèque. J’apprécie tout ou presque ce qu’il écrit. Vent printanier, Mâ, Le peintre d’éventail, Les haïkus du peintre d’éventail, Le nouveau magasin d’écriture, Clair venin du temps (un poème ici et  et là encore), Crânes et jardins, sont dans ma bibliothèque. Son dernier roman,  qui vient d’arriver chez moi, dit son éditeur, « nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exubérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d’un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l’inexorable beauté de tous ses sens. »

La perspective de lire cette superbe palette d’ouvrage me comble de joie. C’est moi qui ai choisi les huit derniers titres, grâce à un chèque-cadeau offert par ma belle-fille et mon gendre. De belles découvertes à venir !

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